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	<title>Autisme-Economie.org</title>
	<link>http://www.autisme-economie.org/</link>
	<description>Le site du Mouvement des Etudiants Pour une R&#233;forme de l'Enseignement de l'Economie et du collectif d'auteurs Les Econoclastes (Petit br&#233;viaire des id&#233;es re&#231;ues en &#233;conomie).</description>
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		<title>Autisme-Economie.org</title>
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		<title>Cours de Bradford Delong</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article175.html</link>
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		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Traduction d'un cours de macro&#233;conomie de Bradford Delong.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique33.html" rel="directory"&gt;7. Nous avons aim&#233;...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques temps, nous avions publi&#233; un texte de Brad Delong dans lequel il critiquait l'enseignement standard de la macro&#233;conomie propos&#233; aux &#233;tudiants am&#233;ricains (y compris le sien), reprenant des reproches formul&#233;s de longue date par notre mouvement. Afin de v&#233;rifier s'il joignait &#171; les actes &#224; la parole &#187;, nous avons &#233;t&#233; voir les transcriptions de ses cours r&#233;guli&#232;rement mis en ligne sur son site (&lt;a href=&quot;http://delong.typepad.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://delong.typepad.com/&lt;/a&gt;). Ce cours de macro&#233;conomie de 1&#232;re ann&#233;e rentre effectivement dans la cat&#233;gorie des cours tels que nous aimerions en avoir. Nous esp&#233;rons que vous partagerez notre enthousiasme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cours au format pdf est &lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Cours_Macro_Delong.pdf&quot; class='spip_out'&gt;ici&lt;/a&gt; !
Bonne lecture !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous avons besoin d'une approche post-autistique de l'&#233;conomie.</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article174.html</link>
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		<dc:date>2011-01-28T11:56:51Z</dc:date>
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		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Traduction d'un article paru dans le Handelsblatt (quotidien financier allemand), le 19 octobre 2009.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique16.html" rel="directory"&gt;3. Dans la presse&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous vous proposons (un peu tardivement) la traduction d'un article paru dans le Handelsblatt (quotidien financier allemand), le 19 octobre 2009. Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit par un membre du mouvement autisme &#233;conomie allemand et montre que outre-Rhin aussi la critique de l'enseignement de l'&#233;conomie reste d'actualit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;HEIDELBERG. Par son ampleur et son intensit&#233;, la crise financi&#232;re actuelle a d&#233;bord&#233; les capacit&#233;s d'analyse de beaucoup d'&#233;conomistes qui se contentaient jusqu'alors d'en appeler aux forces d'autor&#233;gulation du march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette soudaine mise &#224; nu des limites d'une grande partie des th&#233;ories &#233;conomiques a en m&#234;me temps &#233;t&#233; une mise en accusation de l'enseignement car il devenait clair que si celui-ci ne changeait pas, il finirait par perdre tout int&#233;r&#234;t. Il est donc plus que temps, pour les &#233;conomistes, d'examiner leur discipline de mani&#232;re critique. Les approches alternatives ne manquent pas. Mais, il existe en &#233;conomie un dangereux &#171; monopole intellectuel &#187;, comme l'avaient d&#233;sign&#233; d&#232;s 1992 d'&#233;minents &#233;conomistes &#8211; notamment des prix Nobel comme Paul Samuelson ou Franco Modigliani &#8211; qui exhortaient au contraire &#224; un &#171; esprit pluraliste en science &#233;conomique, goutant les diff&#233;rentes approches et poussant au dialogue mutuel, critique mais tol&#233;rant. &#187; (r&#233;f&#233;rence ?)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur appel se d&#233;marquait de ceux qui avaient engag&#233; la th&#233;orie &#233;conomique sur une voie unique. La profession a, comme le dit Paul Krugman, &#171; confondu avec la v&#233;rit&#233; la beaut&#233; dont d'impressionnantes formules math&#233;matiques savent se parer. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s, en 2000, s'initiait en France un mouvement, &#171; autisme-&#233;conomie &#187;, qui allait prendre une dimension internationale. Le coup d'envoi fut donn&#233; par un appel d'&#233;tudiants de la Sorbonne &#224; Paris dans lequel ils d&#233;claraient vouloir &#171; sortir des mondes imaginaires &#187;. Ils y critiquaient l'utilisation d&#233;brid&#233;e et souvent dogmatique des math&#233;matiques et demandaient une approche pluraliste, orient&#233;e vers des questions concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique fit grand bruit en France et fut suivie de d&#233;clarations de soutien venant du monde entier, plusieurs professeurs applaudissant l'initiative. D'autres &#233;tudiants, dont certains de Cambridge et d'Harvard, relay&#232;rent l'appel et, aujourd'hui, le mouvement est devenu un r&#233;seau mondial, avec un &#171; porte-parole &#187;, la Real-World Economic Review, qui a atteint plus de 11 000 adh&#233;rents. Depuis 2003, l'Allemagne a aussi son association d'&#233;conomie &#171; post-autiste &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De notre point de vue, eu &#233;gard &#224; la complexit&#233; et l'omnipr&#233;sence des probl&#232;mes auxquels notre soci&#233;t&#233; moderne est confront&#233;e (d&#233;gradation de l'environnement, crise financi&#232;re, crise alimentaire, etc.), il est urgent d'examiner les choses avec lucidit&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il serait aberrant de nous priver de toute la diversit&#233; des th&#233;ories et des m&#233;thodes existantes dans notre recherche des causes de ces crises et de nouvelles voies pour en sortir. Prenons par exemple, la question du r&#233;chauffement climatique : il y a, dans les th&#233;ories dominantes, une branche consacr&#233;e &#224; ce probl&#232;me, celle de l'&#233;conomie de l'environnement, qui pourrait tout &#224; fait contribuer &#224; la recherche d'une solution. Malheureusement, elle se contente de traiter des sympt&#244;mes et ne consid&#232;re pas les choses &#224; leur racine. Au contraire, l'&#233;cologie politique avec son cadre d'analyse transdisciplinaire, qui incorpore la question des limites naturelles de la croissance &#233;conomique et les d&#233;couvertes de la thermodynamique permet de traiter cela bien plus en profondeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise financi&#232;re actuelle fournit un autre exemple. Dans le monde des n&#233;oclassiques, la formation de la moindre bulle ou une crise majeure ne sont pas possibles. La foi aveugle dans les vertus des march&#233;s ne pouvant &#234;tre ici d'aucune aide, le cadre d'analyse retenu est tout simplement impuissant &#224; expliquer la crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'enseignement en &#233;conomie ne doit donc pas se limiter &#224; la th&#233;orie n&#233;oclassique, mais offrir une vue d'ensemble en pr&#233;sentant les divers courants qui traversent la discipline : l'&#233;conomie &#233;cologique ou f&#233;ministe, en passant par les approches postkeyn&#233;sienne, marxiste ou institutionnelle-&#233;volutionniste. Toutes ces th&#233;ories forment ensemble une sorte de bo&#238;te &#224; outils. Quel bon artisan se limiterait &#224; n'utiliser que son marteau lorsqu'il a quelque chose &#224; r&#233;parer ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Les &#233;conomistes doivent en outre &#234;tre conscients des fondements normatifs et &#233;thiques de leur propre th&#233;orie. Pour cela, il est n&#233;cessaire d'entamer une r&#233;flexion sur le d&#233;veloppement, les pr&#233;misses et le contexte de leur propre discipline. Nous exigeons donc que les mati&#232;res suivantes soient inclues dans le programme obligatoire d'&#233;conomie : histoire de la pens&#233;e &#233;conomique, histoire des faits &#233;conomiques, &#233;thique de l'&#233;conomie et th&#233;ories de la connaissance. Malheureusement, une grande partie de la formation actuelle des jeunes &#233;conomistes consiste simplement &#224; rab&#226;cher le contenu de cours magistraux. Obtenir des &#233;tudiants une pens&#233;e critique et autonome reste secondaire. Par le biais de discussions, il faut par cons&#233;quent encourager les &#233;tudiants &#224; penser par eux-m&#234;mes. Cours magistraux et travaux dirig&#233;s doivent &#234;tre propos&#233;s dans des proportions &#233;quilibr&#233;es. Enfin, pour appr&#233;hender la complexit&#233; de nos soci&#233;t&#233;s, il est aussi n&#233;cessaire de promouvoir les &#233;changes entre les disciplines des sciences sociales. Les projets interdisciplinaires faisant le lien avec les sciences sociales et de la nature (sociologie, psychologie, sciences politiques, philosophie, &#233;thnologie, &#233;cologie, etc.) doivent &#234;tre d&#233;velopp&#233;s et int&#233;gr&#233;s dans les programmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christoph Gran est membre du comit&#233; directeur du mouvement Postautistische &#246;konomie e.V. et chercheur associ&#233; &#224; l'universit&#233; de Ruprecht-Karls &#224; Heidelberg&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://paecon.hallowiki.de/hallowelt/security/secureImage.php?f=/7/77/Postautisten_Handelsblatt.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://paecon.hallowiki.de/hallowel...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bradford Delong et l'enseignement de la macro&#233;conomie</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article173.html</link>
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		<dc:date>2010-11-27T10:40:30Z</dc:date>
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		<description>Pr&#233;sentation Bradford DeLong est un &#233;conomiste du s&#233;rail, professeur &#224; Berkeley apr&#232;s avoir enseign&#233; &#224; Harvard et au MIT, entre autres. Il a &#233;t&#233; conseiller de Bill Clinton et est chercheur associ&#233; au prestigieux National Bureau of Economic Research. Il a publi&#233; de nombreux articles, notamment avec Lawrence Summers, dans la ligne de la &#171; nouvelle macro&#233;conomie &#187; des ann&#233;es 80-90 (il est n&#233; en 1960), ainsi qu'un manuel qui se situe aussi dans cette perspective. Comme bien d'autres la crise l'a surpris et (...)

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique11.html" rel="directory"&gt;2. Textes sur l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bradford DeLong est un &#233;conomiste du s&#233;rail, professeur &#224; Berkeley apr&#232;s avoir enseign&#233; &#224; Harvard et au MIT, entre autres. Il a &#233;t&#233; conseiller de Bill Clinton et est chercheur associ&#233; au prestigieux National Bureau of Economic Research. Il a publi&#233; de nombreux articles, notamment avec Lawrence Summers, dans la ligne de la &#171; nouvelle macro&#233;conomie &#187; des ann&#233;es 80-90 (il est n&#233; en 1960), ainsi qu'un manuel qui se situe aussi dans cette perspective. Comme bien d'autres la crise l'a surpris et &#233;branl&#233;, au point que, &#224; la diff&#233;rence des autres, il remet en cause l'enseignement de la macro&#233;conomie tel qu'il est fait jusqu'&#224; pr&#233;sent. Il propose, comme nous le faisons, de pr&#233;senter &#171; avec sympathie &#187; les th&#233;ories sous-jacentes aux analyses et aux propositions de politique &#233;conomique (actuellement, de sortie de crise) tels qu'elles apparaissent dans le d&#233;bat public ou dans des journaux comme le Financial Times. En les situant dans une perspective historique, ce qui permet de mieux les comprendre. Sera-t-il &#233;cout&#233; ? On peut en douter. Mais c'est un premier pas encourageant pour nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que devrait faire la macro&#233;conomie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce qui ne va pas avec la macro&#233;conomie am&#233;ricaine ? En bref, quand la crise est survenue, n'importe lequel des manuels de macro&#233;conomie (y compris le mien) ou des cours de macro&#233;conomie (sauf peut-&#234;tre celui de Perry Mehrling's) n'&#233;tait d'aucune utilit&#233;, ou presque, pour aider les gens qui lisaient &#8211; ou qui faisaient l'effort de lire &#8211; des publications comme le Financial Time en vue de comprendre la situation et les d&#233;bats de politique &#233;conomique auxquels elle donnait lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au minimum, un cours de macro&#233;conomie devrait apprendre aux &#233;tudiants suffisamment de choses de fa&#231;on &#224; ce qu'ils puissent lire ce qu'on trouve dans le Financial Times. Il devrait aussi en dire suffisamment sur les approches th&#233;oriques sous-jacentes aux diverses politiques &#233;conomiques possibles de sorte qu'ils puissent se faire une opinion sur celles que l'on peut trouver dans les pages de ce journal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A quoi devrait ressembler un cours de macro&#233;conomie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il devrait, selon moi, enseigner les cinq th&#233;ories qui subsistent dans les analyses des gens sur les causes de la crise &#233;conomique :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La th&#233;orie selon laquelle un ch&#244;mage &#233;lev&#233; r&#233;sulte de salaires r&#233;els bloqu&#233;s &#224; un niveau trop &#233;lev&#233; pour que le plein emploi se maintienne durablement. Il faut en passer par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La th&#233;orie selon laquelle le haut ch&#244;mage aujourd'hui est la cons&#233;quence in&#233;vitable de surinvestissements dans le pass&#233;. Il faut en passer aussi par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La th&#233;orie mon&#233;tariste pour qui la crise provient d'une insuffisance de liquidit&#233;s de sorte que les gens cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; reconstituer leurs encaisses en diminuant leurs d&#233;penses en biens et services courants. Elle est surmont&#233;e en augmentant la masse mon&#233;taire ou en augmentant sa vitesse de circulation de fa&#231;on &#224; r&#233;duire la demande de monnaie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La th&#233;orie keyn&#233;sienne &#8211; ou Wicksellienne ? ou Hicksienne ? &#8211; pour qui la crise r&#233;sulte d'une insuffisance de titres, d'obligations que l'&#233;pargne pourrait utiliser pour transf&#233;rer du pouvoir d'achat dans le futur. Ce qui pousse les gens &#224; chercher d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; se constituer des actifs en limitant leurs d&#233;penses en biens et services courants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La th&#233;orie Minskyienne pour qui la crise provient d'une panique suite &#224; un exc&#232;s de sp&#233;culation qui se traduit par une insuffisance d'actifs s&#251;rs et de bonne qualit&#233;, de moyens permettant de mettre sa richesse &#224; l'abri, en &#233;tant s&#251;r qu'ils ne vont pas partir en fum&#233;e d&#232;s qu'on a le dos tourn&#233;. Ce qui pousse les gens &#224; chercher d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; se constituer un portefeuille d'actifs s&#251;rs en limitant leurs d&#233;penses en biens et services courants. La crise est surmont&#233;e en augmentant l'offre d'actifs s&#251;rs ou en r&#233;tablissant la confiance de fa&#231;on &#224; diminuer la demande d'actifs s&#251;rs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chacune de ces cinq th&#233;ories doit &#234;tre enseign&#233;e de fa&#231;on critique, mais sous son angle le plus favorable, sans la caricaturer. Toutes affirment des choses sur la fa&#231;on dont le monde fonctionne qui peuvent &#234;tre vraies &#8211; en fait, il y a s&#251;rement des endroits et des moments o&#249; elles le sont &#8211; et qui peuvent et devraient &#234;tre &#233;valu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La meilleure fa&#231;on d'enseigner ces cinq th&#233;ories est de se situer dans une perspective historique, dans la longue tradition de pens&#233;e de ceux qui ont cherch&#233; &#224; comprendre notre monde changeant et compliqu&#233;. Tel est le cas du Minskysme qui prend racine dans l'&#233;tude des crises du XIX&#232;me si&#232;cle dans la perspective ouverte par Walter Bagehot ou peut-&#234;tre m&#234;me par Adam Smith, du keyn&#233;sianisme dont on peut trouver les racines dans les &#233;tudes faites par Knut Wicksell des perturbations affectant les flux financiers, du mon&#233;tarisme qui remonte aux tentatives faites par John Stuart Mill pour comprendre l'origine de la premi&#232;re crise de l'&#232;re industrielle en 1825, en Angleterre, aux th&#233;ories du surinvestissement qui remontent &#224; Karl Marx et son &#233;tude de la crise de 1948, tandis que le th&#232;me des salaires r&#233;els &#233;lev&#233;s est d&#233;j&#224; pr&#233;sent dans l'&#233;tude de Nassau Senior sur le ch&#244;mage technique dans les Midlands, avant 1850 &#8211; tout cela &#224; partir de probl&#232;mes soulev&#233;s d'abord par Jean-Baptiste Say et Thomas Robert Malthus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sera un cours de macro&#233;conomie qui permettra &#224; ceux qui l'ont suivi de lire le Financial Times et aux employeurs de trouver des gens qui soient capables de d&#233;crypter l'information qui se trouve dans ce journal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;texte en anglais :
&lt;a href=&quot;http://delong.typepad.com/sdj/2010/11/what-should-macroeconomics-do-4.html?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+BradDelongsSemi-dailyJournal+%28Brad+DeLong%27s+Semi-Daily+Journal%29&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://delong.typepad.com/sdj/2010/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Connaissez-vous la main invisible ?</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article168.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>



		<description>Un enseignant d'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique &#224; l'universit&#233; Paris 1, Monsieur Jean Dellemotte a r&#233;cemment publi&#233; un article sur Adam Smith et sa c&#233;l&#232;bre &quot;main invisible&quot; dans la revue Economie Politique appartenant au groupe Alternatives Economiques. Ces derniers ont eu la grande gentillesse de mettre en libre acc&#232;s cet excellent article qui tord le coup &#224; un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues ! Histoire de vous convaincre de son int&#233;r&#234;t, nous vous proposons le premier paragraphe de l'article : La &quot;main (...)

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique33.html" rel="directory"&gt;7. Nous avons aim&#233;...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un enseignant d'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique &#224; l'universit&#233; Paris 1, Monsieur Jean Dellemotte a r&#233;cemment publi&#233; un article sur Adam Smith et sa c&#233;l&#232;bre &quot;main invisible&quot; dans la revue Economie Politique appartenant au groupe Alternatives Economiques. Ces derniers ont eu la grande gentillesse de mettre en libre acc&#232;s cet excellent article qui tord le coup &#224; un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Histoire de vous convaincre de son int&#233;r&#234;t, nous vous proposons le premier paragraphe de l'article :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &quot;main invisible&quot; d'Adam Smith : pour en finir avec les id&#233;es re&#231;ues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Adam Smith est l'un des auteurs, dans l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique en particulier et dans l'histoire de la pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral, dont l'oeuvre a &#233;t&#233; le plus d&#233;form&#233;e. Depuis plus d'un si&#232;cle, celle-ci est trop souvent caricaturalement r&#233;sum&#233;e par quelques formulations chocs, consciemment ou involontairement sorties du contexte dans lequel elles ont &#233;t&#233; &#233;crites, parfois brandies comme des slogans publicitaires par les sp&#233;cialistes du &quot;pr&#234;t-&#224;-penser&quot;. Ainsi en va-t-il de la c&#233;l&#232;bre m&#233;taphore de la &quot;main invisible&quot;, qui sert encore de v&#233;hicule aux lieux communs les plus redoutables sur les bienfaits de l'&#233;conomie de march&#233;. Les interpr&#233;tations g&#233;n&#233;ralement associ&#233;es &#224; la m&#233;taphore, cens&#233;e symboliser tant&#244;t le fonctionnement pr&#233;sum&#233; harmonieux du &quot;march&#233;&quot;, tant&#244;t la convergence spontan&#233;e des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, le plus souvent les deux &#224; la fois, continuent ainsi &#224; &#234;tre r&#233;guli&#232;rement diffus&#233;es dans la presse &#233;conomique, dans les manuels (2), dans l'enseignement secondaire ou universitaire, voire dans nombre de travaux acad&#233;miques, sans m&#234;me qu'on prenne la peine de renvoyer au texte original de l'auteur, comme s'il &#233;tait d&#233;sormais superflu de l'avoir lu. En revenir aux &#233;crits originaux, malgr&#233; la difficult&#233; inh&#233;rente &#224; leur interpr&#233;tation, demeure alors la meilleure cl&#233; pour acc&#233;der &#224; une pens&#233;e qui ne se laisse pas r&#233;duire &#224; des sch&#233;mas simplistes.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La suite est sur :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.leconomiepolitique.fr/la--main-invisible--d-adam-smith---pour-en-finir-avec-les-idees-recues_fr_art_873_44731.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.leconomiepolitique.fr/la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS : seule une inscription est n&#233;cessaire, mais elle est bien s&#251;r grauite et vous prendra 15 secondes...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un bon point pour les manuels</title>
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		<description>La question des comp&#233;tences des traders et de l'utilit&#233; des march&#233;s financiers se posent aussi dans les manuels d'&#233;conomie. Quelles sont leurs conclusions ? UN BON POINT POUR LES MANUELS Les propositions de limitation des primes et des salaires vers&#233;s aux intervenants sur les march&#233;s financiers se heurtent &#224; l'objection selon laquelle elle aurait pour cons&#233;quence le d&#233;part &#171; des meilleurs &#187; sous d'autres cieux, o&#249; leurs m&#233;rites son mieux reconnus, et r&#233;tribu&#233;s en cons&#233;quent. Bien entendu, tous ceux qui (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question des comp&#233;tences des traders et de l'utilit&#233; des march&#233;s financiers se posent aussi dans les manuels d'&#233;conomie. Quelles sont leurs conclusions ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UN BON POINT POUR LES MANUELS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les propositions de limitation des primes et des salaires vers&#233;s aux intervenants sur les march&#233;s financiers se heurtent &#224; l'objection selon laquelle elle aurait pour cons&#233;quence le d&#233;part &#171; des meilleurs &#187; sous d'autres cieux, o&#249; leurs m&#233;rites son mieux reconnus, et r&#233;tribu&#233;s en cons&#233;quent. Bien entendu, tous ceux qui vivent de la finance &#8211; banquiers, gestionnaires de fonds de toutes sortes &#8211; ont int&#233;r&#234;t &#224; entretenir une telle id&#233;e. Il y aurait ainsi, parmi les op&#233;rateurs boursiers, certains &#8211; les fameux &#171; meilleurs &#187;, auxquels il est difficile d'accoler un nom &#8211; qui permettent de faire des gains en Bourse, gr&#226;ce &#224; leur politique active et avis&#233;e d'achat et de vente de titres. Afin d'accr&#233;diter la th&#232;se qu'on est pr&#233;sence d'experts tr&#232;s pointus et avis&#233;s, les trait&#233;s de finance ou la presse sp&#233;cialis&#233;e font appel &#224; un vocabulaire compliqu&#233; (souvent en anglais) &#8211; avec des mots comme &#171; spread &#187;, &#171; swap &#187;, &#171; carry &#187;, &#171; d&#233;riv&#233;s &#187;, &#171; options &#187;, &#171; collat&#233;ral &#187;, &#171; equity edges &#187;, etc. &#8211; incompr&#233;hensible au commun des mortels, qui n'y comprend rien et qui doit donc confier son argent &#224; ceux qui savent et qui le feront &#171; fructifier &#187;. A titre d'exemple, on peut citer une phrase tir&#233;e au hasard d'un ouvrage de vulgarisation r&#233;cent sur les hedge fund :
&#171; Pour pr&#233;voir les mouvements futurs des prix, le g&#233;rant cherche &#224; capter, via diff&#233;rents signaux, le momentum sur les prix, c'est-&#224;-dire le fait que le march&#233; soit dans une tendance haussi&#232;re (momentum positif) ou n&#233;gative (momentum n&#233;gatif). Ensuite il se positionne en cons&#233;quence, indiff&#233;remment long ou short du fait de la flexibilit&#233; offerte &#187;.
Comprenne qui pourra &#8230;
On ne sait pas, en r&#233;alit&#233;, ce que les hedge funds font exactement. Ils ne peuvent pas le dire, car sinon ils perdraient leur gagne-pain, qui est cens&#233; provenir de ce qu'ils sont les seuls &#224; voir, ou pr&#233;voir, l'&#233;volution du prix des titres qui expliquent leurs profits sup&#233;rieurs &#224; la norme &#8211; qui justifient leur existence. Ils entretiennent ainsi un halo de myst&#232;re sur leurs performances &#8211; qui peuvent faire illusion quand il y a une bulle, comme celles ayant pr&#233;c&#233;d&#233; l'effondrement actuel. Ceux qui disposent d'argent &#224; &#171; placer &#187;, des &#171; liquidit&#233;s &#187;, sont alors attir&#233;s par la perspective de faire des gains sup&#233;rieurs &#224; ceux que la raison permet d'esp&#233;rer &#8211; le taux de croissance de l'&#233;conomie, par exemple, auquel se rajoute le taux d'inflation. De toutes fa&#231;ons, quel que soit le r&#233;sultat, les op&#233;rateurs boursiers ont la certitude de toucher les commissions pour les &#171; services &#187; rendus. C'est la seule certitude de l'histoire. Toute r&#233;flexion concernant les gains, ou pertes, qui peuvent provenir des transactions boursi&#232;res s'appuie sur les deux constatations suivantes : d'une part, il n'est pas possible de faire un gain certain &#8211; car d&#232;s qu'une occasion se pr&#233;sente, elle est saisie par celui qui a la chance de la voir en premier et qui la fait dispara&#238;tre, &#224; son profit &#8211; et, d'autre part, l'&#233;volution des cours est impr&#233;visible, car elle d&#233;pend de facteurs, comme les informations nouvelles, eux-m&#234;mes impr&#233;visibles. Il se peut qu'il y ait de ci, de l&#224;, des occasions pour faire des gains &#8211; en achetant &#224; un prix et en revendant &#224; un prix plus &#233;lev&#233; &#8211; mais elles ne vont pas de soi : les rechercher est co&#251;teux, sans qu'on soit s&#251;r de les trouver, ou de ne pas &#234;tre devanc&#233; par quelqu'un d'autre. Des &#233;tudes men&#233;es apr&#232;s coup sur les cours boursiers peuvent d&#233;celer l'existence de gains possibles ayant pu persister un certain temps, mais cela s'explique par le fait qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; per&#231;us sur le moment &#8211; et donc qu'ils n'allaient pas, alors, de soi.
Les auteurs des ouvrages de finance ne peuvent ignorer tout cela. Mais ils ne sont pas toujours tr&#232;s clairs sur la question. La raison d'&#234;tre de la profession n'est-elle pas de faire croire qu'il existe des &#171; strat&#233;gies &#187; qui &#171; battent le march&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire qui ont un rendement sup&#233;rieur &#224; celui d'un portefeuille de titres choisis au hasard dans un ensemble diversifi&#233; ? Les trait&#233;s de base d'&#233;conomie ont, en revanche, l'avantage d'&#234;tre bien moins ambigus sur cette question &#8211; preuve que leurs auteurs peuvent faire preuve de bon sens. Un bon point pour eux. On va en citer trois, parmi les plus connus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paul Samuelson : &#224; moins d'avoir des dons de voyance &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Commen&#231;ons par le plus ancien, l' Economique de Samuelson, qui en est &#224; sa 18&#232;me &#233;dition &#8211; Samuelson s'&#233;tant adjoint depuis quelques ann&#233;es les services d'un plus jeune que lui, William Nordhaus. Dans le chapitre 25, il est expliqu&#233; que les prix des actions changent en fonction des informations nouvelles, sur l'&#233;conomie dans son ensemble ou sur tel ou tel point particulier. Informations nouvelles que Samuelson et Norhdaus qualifient parfois de &#171; surprises &#187;, pour bien signifier leur caract&#232;re soudain et impr&#233;visible. Il s'ensuit que les cours des titres &#171; varient de fa&#231;on erratique, telle une marche au hasard &#187;. La connaissance du pass&#233; n'est donc d'aucun secours pour d&#233;terminer l'&#233;volution future de ces cours &#8211; qui sont soumis aux seuls al&#233;as du pr&#233;sent. Samuelson et Nordhaus terminent d'ailleurs le chapitre o&#249; ils traitent de cette question par une citation de Bernard Baruch, pr&#233;sent&#233; comme &#171; un des plus grands financiers am&#233;ricains &#187;, o&#249; il est dit que pour avoir &#171; l'ombre d'une chance &#187; de gagner &#224; la Bourse, il faut, entre autres, avoir &#171; le sixi&#232;me sens d'un voyant &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frederic Mishkin : comment on peut se forger une r&#233;putation de gagnant&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frederic Mishkin consacre dans son manuel Monnaie, banque et finance de longs d&#233;veloppements &#224; l'id&#233;e selon laquelle les gains faits &#224; la Bourse ne sont que le fruit du hasard &#8211; id&#233;e &#224; laquelle il donne, comme Samuelson et Norhaus d'ailleurs, le nom de &#171; th&#233;orie des march&#233;s efficients &#187;. Pour Mishkin, cette id&#233;e est largement fond&#233;e, aussi bien sur le plan th&#233;orique qu'empirique. C'est ainsi qu'il rappelle que &#171; le Wall Street Journal publie r&#233;guli&#232;rement une rubrique qui compare les performances des actions s&#233;lectionn&#233;es par les analystes et des actions s&#233;lectionnes en jetant des fl&#233;chettes au hasard sur le journal. Les analystes l'emportent-ils ? A leur grand d&#233;sespoir, ce n'est pas le cas : le portefeuille compos&#233; al&#233;atoirement bat leur portefeuille aussi r&#233;guli&#232;rement que l'inverse. En outre, m&#234;me lorsque la comparaison se limite aux recommandations &#233;mises par des analystes r&#233;put&#233;s ayant donn&#233; de bons conseils dans le pass&#233;, les analystes ne parviennent jamais &#224; battre r&#233;guli&#232;rement le portefeuille al&#233;atoire ou le portefeuille de march&#233; &#8230;. Et si l'on classe les fonds selon leur performance &#224; un instant donn&#233;, ceux qui &#233;taient les plus performants ne battent plus le march&#233; d&#232;s la p&#233;riode suivante &#187; (p 175). Mishkin remarque toutefois que la plupart des gens acceptent difficilement l'id&#233;e que la sp&#233;culation en Bourse ne rapporte rien, en moyenne, parce que &#171; tout le monde conna&#238;t quelqu'un qui a gagn&#233; sur le march&#233; boursier pendant plusieurs ann&#233;es &#187;. Il raconte &#224; ce propos l'histoire d'un conseiller en finance astucieux qui propose &#224; un moment donn&#233; &#224; la moiti&#233; de ses clients de jouer la hausse du prix d'un titre, et &#224; l'autre moiti&#233; de faire le choix contraire. Quand ceux qui ont gagn&#233; &#8211; la moiti&#233; de la client&#232;le de d&#233;part &#8211; viennent le revoir, il recommence, en proposant &#224; une moiti&#233; d'entre eux de parier &#224; la hausse, et &#224; l'autre moiti&#233; de le faire &#224; la baisse. Il peut ainsi poursuivre un certain temps, en faisant payer une commission chaque fois plus &#233;lev&#233;e &#224; ceux qui reviennent le voir &#8211; puisqu'ils gagnent de plus en plus gr&#226;ce &#224; ses conseils ... Il se b&#226;tit ainsi une r&#233;putation, tout en empochant des sommes rondelettes. Cela peut durer un certain temps, car il est bien connu qu'il existe dans l'esprit humain une propension &#224; oublier les &#233;v&#233;nements d&#233;sagr&#233;ables &#8211; ici, le fait d'avoir perdu. En outre, comme le constate Mishkin :
&#171; Il y a &#233;videmment un groupe d'agents qui perdent toujours plus que les autres, mais personne n'en entend parler : il est rare que quelqu'un se vante d'une performance inf&#233;rieure &#224; la moyenne &#8230; &#187; (p 181).
Il &#233;voque aussi le cas des &#171; anomalies du march&#233; &#187; (dont l'effet-taille, l'effet-janvier, la sur-r&#233;action du march&#233; &#224; certaines nouvelles) qui prennent la forme de r&#233;gularit&#233;s dans les cours pass&#233;s de certains titres, et qui peuvent donc &#234;tre exploit&#233;es par les investisseurs pour s'assurer des gains certains. Ces r&#233;gularit&#233;s peuvent ne pas &#234;tre dues au hasard mais, par exemple, &#224; des r&#233;glementations ou &#224; de comportements particuliers. Mishkin rappelle n&#233;anmoins que d&#232;s que la cause d'une r&#233;gularit&#233; est identifi&#233;e &#8211; le hasard &#233;tant exclu &#8211; elle dispara&#238;t, les acheteurs et les vendeurs de titres modifiant leurs comportements en cons&#233;quent. Personne n'aime se faire avoir. Celui qui d&#233;c&#232;le en premier l'origine de la r&#233;gularit&#233; en tire parti, &#233;videmment. Il n'y a cependant aucune raison pour que ce soit toujours le m&#234;me qui devine ce qu'il en est, &#224; moins qu'il ait, comme dit Samuelson, le don de voyance. La chance est, une fois de plus, &#224; l'origine des gains exceptionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gregory Mankiw : le co&#251;t des gestionnaires professionnels&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ses Principes d'Economiei, Gregory Mankiw ne se d&#233;marque pas de ceux que disent les autres manuels, m&#234;me s'il consacre bien moins de place que les deux pr&#233;c&#233;dents &#224; la question des gains en bourse. Il rappelle leur caract&#232;re illusoire, tout en insistant sur le caract&#232;re co&#251;teux du recours aux gestionnaires professionnels : &#171; Un avantage sur lequel insistent les fonds de placement r&#233;siderait dans le fait qu'ils donnent au grand public l'acc&#232;s aux conseils des professionnels de la gestion patrimoniale. Ces professionnels consacrent &#233;norm&#233;ment de temps &#224; l'&#233;tude des march&#233;s financiers et des entreprises dans lesquelles ils investissent, en vue de s&#233;lectionner les investissements qui pr&#233;sentent les meilleures perspectives de rendement.
Les &#233;conomistes ne sont gu&#232;re convaincus par ce genre d'argument. Ils remarquent en effet que les intervenants sur les march&#233;s financiers sont tellement nombreux et bien inform&#233;s que le prix d'un titre est g&#233;n&#233;ralement un bon indicateur de la valeur r&#233;elle de l'entreprise &#233;mettrice. Il est donc difficile de gagner de l'argent en achetant les bons titres et en vendant les mauvais. Autrement dit, il est difficile de battre le march&#233;. D'ailleurs certains fonds, dits fonds indiciels, qui se contentent d'acheter tous les titres qui composent un indice boursier de r&#233;f&#233;rence r&#233;alisent en moyenne des performances sup&#233;rieures &#224; celles qu'obtiennent les fonds qui exercent une gestion plus active. Cette performance sup&#233;rieure s'explique par le fait que ces fonds supportent des co&#251;ts inf&#233;rieurs &#224; ceux des autres fonds car, d'une part, leurs interventions sur les march&#233;s sont moins fr&#233;quentes et, d'autre part, ils n'ont pas &#224; payer autant de gestionnaires professionnels &#187;. (p 686).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une r&#233;serve&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e selon laquelle on ne peut battre le march&#233; est raisonnable : &#224; moins de disposer d'informations privil&#233;gi&#233;es (que les autres n'ont pas), on ne peut pr&#233;voir avec certitude le sens dans lequel le prix d'un titre va varier (hausse ou baisse), &#224; un moment donn&#233;. Il n'en d&#233;coule pas pour autant que le prix d'un titre soit, pour cette raison, &#171; un bon indicateur de la valeur r&#233;elle de l'entreprise &#233;mettrice &#187; comme le dit Mankiw. On se demande d'ailleurs ce que peut bien &#234;tre la &#171; valeur r&#233;elle &#187; d'une entreprise, ind&#233;pendamment du fait que les intervenants sur les march&#233;s financiers sont nombreux, ou pas. On consid&#232;re parfois qu'elle est donn&#233;e par la valeur actuelle des profits futurs de l'entreprise. Mais ceux-ci sont forc&#233;ment anticip&#233;s. Ils comportent donc une part importante de subjectivit&#233;. Quelle &#233;tait la &#171; valeur r&#233;elle &#187; en 2004, par exemple, du tunnel sous la Manche, d'Alcatel, d'Alsthom, de General Electric, de Chrysler &#8211; ou de n'importe quelle entreprise, d'ailleurs ? Il est impossible d'&#234;tre &#171; bien inform&#233; &#187; sur leurs profits futurs. En fait, pour qu'il y ait des achats et des ventes de titres, il faut que les anticipations concernant l'&#233;volution de leurs cours soient diff&#233;rentes &#8211; leurs prix &#224; un moment donn&#233; ne faisant tout au plus que refl&#233;ter une opinion moyenne, ou pr&#233;dominante, sur la valeur des entreprises &#224; ce moment l&#224;. Cela appara&#238;t notamment lors des bulles et des krachs boursiers, mais aussi dans la fameuse &#171; volatilit&#233; &#187; des cours, qui va bien au-del&#224; des simples variations al&#233;atoires autour d'une valeur solidement ancr&#233;e dans on ne sait trop quelle r&#233;alit&#233;.
Mishkin est d'ailleurs plus prudent dans ses formulations. C'est ainsi qu'il distingue l' &#171; efficience des march&#233;s &#187; &#8211; une autre fa&#231;on de dire pour lui qu'&#171; on ne peut battre le march&#233; &#187; &#8211; de l'efficience &#171; forte &#187;, qui concernerait la valeur &#171; r&#233;elle &#187; dont parle Mankiw. C'est ainsi qu'il &#233;crit : &#171; Beaucoup d'&#233;conomistes d&#233;fendent une forme plus forte de l'hypoth&#232;se d'efficience des march&#233;s &#8230; [en ajoutant une condition suppl&#233;mentaire : un march&#233; efficient est un march&#233; sur lequel le prix d'un actif est &#233;gal &#224; la vraie valeur d'un actif (sa valeur intrins&#232;que)]. Par cons&#233;quent les prix sur un march&#233; sont toujours justes. Ils refl&#232;tent les fondamentaux du march&#233; (les &#233;v&#233;nement ayant des cons&#233;quences directes sur les flux futurs de revenus des actifs financiers &#187; (p 174, italiques de Mishkin).
L'impr&#233;cision dans les formulations &#8211; &#171; vraie valeur &#187;, &#171; valeur intrins&#232;que &#187;, &#171; prix juste &#187;, &#171; fondamentaux du march&#233; &#187; &#8211; est une preuve, si n&#233;cessaire, qu'on est dans le flou total en ce qui concerne &#171; la forme forte de l'hypoth&#232;se de l'efficience des march&#233;s &#187;, et cela bien que Mishkin explique qu'elle &#171; est un des principes fondamentaux sous-tendant la plupart des &#233;tudes consacr&#233;es au march&#233; financier &#187;. Le lecteur du manuel de Mishkin n'en saura pas plus sur ce &#171; principe fondamental &#187;, qui correspond en fait &#224; une vague intuition &#8211; trompeuse &#8211; &#224; laquelle il est impossible de donner une forme pr&#233;cise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; meilleurs &#187; comme les sportifs ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;mun&#233;rations exorbitantes de certains financiers sont parfois justifi&#233;es en faisant la comparaison avec les sportifs de haut niveau, ou les vedettes des petit et grand &#233;crans. Image flatteuse, qui laisse entendre que les financiers apportent quelque chose comme le font ces personnes &#8211; plaisir procur&#233; par un exploit sportif, beaut&#233; d'un geste, qualit&#233; du jeu ou de la pr&#233;sentation, par exemple &#8211;, de par leur caract&#232;re exceptionnel. Pour que la comparaison tienne, il faudrait pouvoir donner des noms &#224; ces &#171; vedettes &#187; de la finance, dont les exploits justifieraient leurs r&#233;mun&#233;rations faramineuses. Il n'en est rien, &#233;videmment. Les deux financiers les plus connus, George Soros et Warren Buffet, ne cachent d'ailleurs pas leur d&#233;fiance vis-&#224;-vis des sp&#233;culateurs et de leurs mod&#232;les soi-disant miraculeux. Il est vrai que Bernard Madoff &#233;tait tr&#232;s appr&#233;ci&#233; dans les milieux initi&#233;s en raison des rendements &#233;tonnants de ses placements. Il a r&#233;ussi &#224; se forger une r&#233;putation, et &#224; l'entretenir pendant de nombreuses ann&#233;es. On sait ce qu'il en est advenu. L'histoire a retenu le nom de quelques escrocs de g&#233;nie, et non celui d'un quelconque trader ou gestionnaire de fonds dont les gains pourraient &#234;tre mis sur le m&#234;me plan que les exploits sportifs, par leur caract&#232;re exceptionnel.
Le d&#233;sir de retenir certains financiers pourrait tenir, enfin, &#224; leurs montages de titres si compliqu&#233;s &#8211; produits d&#233;riv&#233;s, portefeuilles de CDS, ABS, CDO, etc. &#8211; qu'ils seraient les seuls &#224; y comprendre quelque chose. On peut douter de la validit&#233; d'un tel argument, &#224; moins de penser que la profession s'entende pour faire bloc, en maintenant le secret sur les objets qu'elle a fabriqu&#233;s. En ces temps de ch&#244;mage, notamment en finance, il ne doit pas manquer de volontaires pour aller y voir de plus pr&#232;s, et pour pas tr&#232;s cher. On a bien trouv&#233; des gens pour faire les tests de r&#233;sistance des grandes banques des Etats Unis, dont les actifs comportent beaucoup de titres issus de ces montages qui sont d&#233;sign&#233;s du doigt aujourd'hui. Si on ne peut y croire, pourquoi en serait-il autrement en ce qui concerne ces &#234;tres soit disant exceptionnels ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'on aimerait savoir&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les manuels de &#171; principes d'&#233;conomie &#187; s'accordent pour dire que l'&#233;volution future des cours boursiers est impr&#233;visible, et que mieux vaut donc &#171; jouer l'indice &#187;. On peut &#233;videmment essayer de faire mieux que lui, mais avec ce que cela suppose comme risque accru. Toute l'attention se porte sur l'&#233;valuation de ce dernier, qui ne peut &#234;tre faite que sur la base des pr&#233;visions sur l'&#233;volution future de l'&#233;conomie. Mais comment la conna&#238;tre ? De fait, les seules informations que l'on d&#233;tient concernent le pass&#233; &#8211; notamment la &#171; volatilit&#233; &#187; de chaque titre, quelle que soit la fa&#231;on dont elle est estim&#233;e. Il est toujours possible, &#224; condition de disposer de moyens de calcul suffisamment puissants, de combiner les titres en tenant compte des diverses caract&#233;ristiques estim&#233;es des titres (&#224; commencer leur rendement et leur volatilit&#233;) ainsi que de leurs diverses fa&#231;ons de varier en fonction des &#233;v&#233;nements (mesur&#233;e par leurs corr&#233;lations), de calculer des portefeuilles &#171; optimaux &#187; - par exemple, qui minimisent le risque pour un gain esp&#233;r&#233; donn&#233;. On peut supposer que c'est ce genre de calcul qui a &#233;t&#233;, du moins en partie, &#224; l'origine des trop fameuses innovations financi&#232;res de ces derni&#232;res ann&#233;es, qui ont entretenu l'illusion que le risque syst&#233;mique pouvait &#234;tre circonvenu et remplac&#233; par un processus graduel et diffus. Mais on peut faire tous les calculs que l'on veut dans des mod&#232;les aussi compliqu&#233;s que l'on veut, si les donn&#233;es sont douteuses &#8211; pour la simple raison que le pass&#233; ne peut servir &#224; repr&#233;senter le futur de fa&#231;on tant soit peu fiable &#8211; alors les conclusions que l'on peut en tirer le sont aussi moins. On aimerait donc en savoir un (tout petit) peu plus sur les principales id&#233;es qui pr&#233;sident &#224; la constitution de ces mod&#232;les &#8211; un peu comme celles qui sont &#224; la base du mod&#232;le de Markowicz-Sharpe sur la fronti&#232;re d'efficience et le portefeuille de march&#233;, que l'on trouve dans tous les manuels de finance. On attend que quelqu'un s'en donne la peine, quitte &#224; lever le voile sur les fameux mod&#232;les qui ont fait la fortune de nos petits g&#233;nies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Taire la crise &#233;conomique aux lyc&#233;ens ?</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article172.html</link>
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		<dc:date>2010-02-11T13:52:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;Article paru le 8 F&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique16.html" rel="directory"&gt;3. Dans la presse&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s la rentr&#233;e 2010, un nouveau programme doit s'appliquer &#224; l'enseignement des sciences &#233;conomiques et sociales (SES) aux &#233;l&#232;ves de seconde. Un programme qui oublie le social, la soci&#233;t&#233; et la sociologie pour ne laisser subsister que la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique. Trente enseignants, chercheurs, &#233;conomistes... s'insurgent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, les &#233;l&#232;ves de lyc&#233;e ont la chance de recevoir, en classe de seconde, un enseignement de &#171; sciences &#233;conomiques et sociales &#187;, ou SES. Cr&#233;&#233; en 1965, cet enseignement se donne pour objectif de permettre aux &#233;l&#232;ves de &#171; mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Actuellement, le programme de SES de la classe de seconde est organis&#233; autour de quatre grands th&#232;mes : la famille ; l'emploi ; la production et la consommation. Chacun de ces th&#232;mes est l'occasion d'aborder les grandes questions contemporaines, telles que les familles monoparentales, le ch&#244;mage, les in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes, le partage de la valeur ajout&#233;e, ou encore les effets de mode dans la consommation. Cet enseignement permet aux &#233;l&#232;ves de s'approprier des notions complexes, telles que les cat&#233;gories sociales, le partage des revenus, ou la r&#233;partition de la population en diff&#233;rents statuts d'emploi. Il conduit les enseignants &#224; allier les enseignements de diff&#233;rentes disciplines, en premier lieu l'&#233;conomie et la sociologie, mais aussi l'histoire et la science politique. Enfin, au sein de ces disciplines, les enseignants peuvent utiliser diff&#233;rentes approches, pratiquant ainsi un indispensable pluralisme th&#233;orique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'&#233;ducation vient de faire conna&#238;tre le nouveau programme, qui doit s'appliquer d&#232;s 2010. Il est pour l'essentiel r&#233;duit aux &#233;l&#233;ments de base de la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique : le comportement du consommateur ; celui du producteur ; et la d&#233;termination du prix d'&#233;quilibre sur le march&#233;. Dans ce programme, des sujets aussi essentiels que... le ch&#244;mage disparaissent. Exit &#233;galement la pauvret&#233;, la famille, l'organisation du travail, les syndicats, les in&#233;galit&#233;s de revenus, le partage salaire/profit, etc. M&#234;me le pouvoir d'achat se voit ray&#233; de la liste ! Et la sociologie se voit r&#233;duite &#224; la portion congrue : seules 4 le&#231;ons sur 12 lui sont consacr&#233;es, dont 2 plac&#233;es en fin de programme, et pr&#233;sent&#233;es comme optionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi des questions aussi essentielles que le ch&#244;mage ou les relations sociales en entreprise ne sont-elles plus trait&#233;es ? La r&#233;ponse tient en partie au cadre th&#233;orique utilis&#233; : la th&#233;orie n&#233;o-classique, dont d&#233;coulent ces programmes, est d'abord une th&#233;orie de l'&#233;change pur, et de l'&#233;quilibre. Ce cadre th&#233;orique, qui domine actuellement la science &#233;conomique, n'est adapt&#233; ni &#224; l'analyse des crises, ni &#224; la prise en compte des aspects collectifs et sociaux du processus &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre partie de la r&#233;ponse est plus directement politique. Il semblerait que ce soit le cabinet du ministre qui ait demand&#233; que soient retir&#233;es du programme les questions politiquement sensibles, comme le ch&#244;mage ou le pouvoir d'achat, et qui a fait en sorte que la sociologie soit r&#233;duite &#224; la portion congrue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce programme abstrait et &#233;conomiciste, construit &#224; partir d'un seul paradigme, est &#224; rebours de la m&#233;thode propre aux SES, qui est &#224; l'origine de son succ&#232;s aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves. En SES, il s'agit avant tout de partir de questions, et d'apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; raisonner en les confrontant &#224; des textes, des donn&#233;es, des exemples historiques. Il s'agit de transmettre des m&#233;thodes, des savoirs, de mobiliser des th&#233;ories concurrentes pour &#233;clairer des d&#233;bats et leurs pr&#233;suppos&#233;s, et non pas de faire r&#233;citer une th&#233;orie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces nouvelles orientations sont une catastrophe pour les &#233;l&#232;ves concern&#233;s, qui vont recevoir un enseignement mono-disciplinaire et dogmatique, et, pour dire les choses, absurde sur un plan p&#233;dagogique. Cela est d'autant plus stup&#233;fiant qu'elles interviennent au moment o&#249; la crise a conduit &#224; une tr&#232;s large remise en question de la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique. M&#234;me les &#233;conomistes les plus &#233;minents, &#224; commencer par Paul Krugman, ne cessent de remettre en cause les croyances des &#233;conomistes n&#233;o-classiques dans &#171; l'individu rationnel &#187; et &#171; les march&#233;s efficaces &#187; qui les rendent aveugles aux probl&#232;mes du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes, &#224; des titres divers, engag&#233;s pour un enseignement d'&#233;conomie ouvert aux diff&#233;rentes approches, aux autres disciplines, et aux &#233;volutions du monde. Nous ne pouvons nous r&#233;signer &#224; ce que de jeunes &#233;l&#232;ves soient soumis aux m&#234;mes enseignements mortif&#232;res que ceux qui envahissent, pour le pire, nombre de facult&#233;s d'&#233;conomie. Ce projet de programme, s'il &#233;tait accept&#233;, signerait l'arr&#234;t de mort l'enseignement des sciences &#233;conomiques et sociales tel que l'avait voulu les h&#233;ritiers de Fernand Braudel : ouvert, critique, r&#233;flexif. Nous ne laisserons pas une telle chose se produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Alain Caill&#233;&lt;/strong&gt; (Universit&#233; Paris Ouest), &lt;strong&gt;Bernard Chavance&lt;/strong&gt; (Paris-VII), &lt;strong&gt;Jean Dellemotte, St&#233;phanie Lagu&#233;rodie, Corinne Perraudin, Nadine Th&#233;venot, Bruno Tinel, Julie Valentin&lt;/strong&gt; (Paris-I), &lt;strong&gt;Ozgur Gun&lt;/strong&gt; (Reims), &lt;strong&gt;Hugo Harari-Kermadec&lt;/strong&gt; (Ecole Normale Sup&#233;rieure de Cachan), &lt;strong&gt;Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice, Nicolas Postel, Richard Sobel&lt;/strong&gt; (Lille-I),&lt;strong&gt; Agn&#232;s Labrousse, St&#233;phane Longuet&lt;/strong&gt; (Picardie),&lt;strong&gt; Thomas Lamarche&lt;/strong&gt; (Paris VII), &lt;strong&gt;Dany Lang&lt;/strong&gt; (Paris XIII),&lt;strong&gt; Fr&#233;d&#233;ric Lordon, Andr&#233; Orl&#233;an&lt;/strong&gt; (CNRS), &lt;strong&gt;Gilles Raveaud&lt;/strong&gt; (Paris-VIII), &lt;strong&gt;Catherine Samary&lt;/strong&gt; (Paris-Dauphine), &lt;strong&gt;&#233;conomistes membres de l'Association fran&#231;aise d'&#233;conomie politique&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Emmanuelle B&#233;nicourt&lt;/strong&gt; (Valenciennes), &lt;strong&gt;David Bourguelle, Pauline Hyme&lt;/strong&gt; (Lille-I), &lt;strong&gt;David Cayla&lt;/strong&gt; (Angers), &lt;strong&gt;Bernard Guerrien, Sophie Jallais, Emeric Lendjel&lt;/strong&gt; (Paris-I), &lt;strong&gt;Philippe L&#233;g&#233;&lt;/strong&gt; (Amiens), membres du&lt;strong&gt; Mouvement des &#233;tudiants pour la r&#233;forme de l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour consulter ce texte directement sur le site de Mediapart, cliquez &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/080210/pour-oublier-la-crise-economique-evitons-den-pa&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les tribulations du Dr. Li</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article167.html</link>
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		<dc:date>2010-02-08T18:44:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>


		<dc:subject>Nouveau mot</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un article de Felix Salmon consacr&#233; &#224; la &quot;titrisation&quot; (ph&#233;nom&#232;ne qui regroupent notamment les c&#233;l&#232;bres &quot;subprimes&quot;) et &#224; la dimension financi&#232;re de la crise nous a paru un excellent outil p&#233;dagogique pour comprendre ce qui a pu se passer pendant ces derni&#232;res ann&#233;es. Nous avons donc d&#233;cid&#233; de le traduire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique33.html" rel="directory"&gt;7. Nous avons aim&#233;...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/mot5.html" rel="tag"&gt;Nouveau mot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/les_copules_du_Dr_Li.pdf&quot; class='spip_out'&gt;L'article traduit en fran&#231;ais en fichier pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La version en anglais se trouve sur :
&lt;a href=&quot;http://www.wired.com/techbiz/it/magazine/17-03/wp_quant?currentPage=all&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.wired.com/techbiz/it/mag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>VA-T-ON FAIRE AU LYCEE LES MEMES ERREURS QU'A L'UNIVERSITE ?</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article169.html</link>
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		<dc:date>2010-02-05T14:58:52Z</dc:date>
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		<description>Les nouveaux programmes en SES sont un d&#233;calque presque parfait des programmes de micro&#233;conomie, qui depuis toujours ont &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un malaise profond des &#233;tudiants &#8211; malaise &#224; l'origine de notre mouvement &#8211;, qui sentaient obscur&#233;ment que tout cela ne tient pas la route, n'a rien &#224; voir avec le monde qui nous entoure, m&#234;me si des mots familiers comme consommation, production, marchandises, prix, offre et demande &#233;taient utilis&#233;s. Les math&#233;matiques en moins &#8211; ce qui prouve au passage que le probl&#232;me (...)

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique1.html" rel="directory"&gt;1. Le Mouvement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouveaux programmes en SES sont un d&#233;calque presque parfait des programmes de micro&#233;conomie, qui depuis toujours ont &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un malaise profond des &#233;tudiants &#8211; malaise &#224; l'origine de notre mouvement &#8211;, qui sentaient obscur&#233;ment que tout cela ne tient pas la route, n'a rien &#224; voir avec le monde qui nous entoure, m&#234;me si des mots familiers comme consommation, production, marchandises, prix, offre et demande &#233;taient utilis&#233;s. Les math&#233;matiques en moins &#8211; ce qui prouve au passage que le probl&#232;me n'est pas au niveau des math&#233;matiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve ainsi le sch&#233;ma habituel : les consommateurs (m&#233;nages ?) d'un c&#244;t&#233;, les producteurs (entreprises ?) de l'autre, et le march&#233; qui coordonne leurs choix &#224; travers le syst&#232;me des prix, pour aboutir &#224; l'&#233;quilibre. Tel est le cas &#171; parfait &#187;. Mais comme nous vivons dans un monde qui ne l'est pas, h&#233;las, on rajoute une partie sur les &#171; imperfections &#187;, l'accent &#233;tant mis ici sur &#171; la pollution &#187;, qui fait consensus, et m&#234;me sur la th&#233;orie des incitations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout le programme de micro en licence est trait&#233; ! Comme quoi la micro se r&#233;duit &#224; pas grand chose, en dehors du pataqu&#232;s des &#233;quations et des courbes, qui peut donc &#234;tre compris par des adolescents. On peut observer, toutefois, qu'il manque quelque chose sur le monopole ou l'oligopole. On comprend facilement pourquoi. On voit d&#233;j&#224; difficilement comment on trouvera des &#171; exemples concrets &#187; &#224; donner aux &#233;l&#232;ves d'entreprises &#171; preneuses de prix &#187;. Voil&#224; un truc difficile &#224; leur faire avaler. Mieux vaut alors rester dans le flou. Le monopole, ou l'oligopole, pourront &#233;ventuellement &#234;tre &#233;voqu&#233;s dans la partie fourre-tout sur l'entreprise, celle o&#249; &#171; on sensibilisera les &#233;l&#232;ves &#224; la diversit&#233; du monde des entreprises selon la taille, la nature de la production, l'environnement &#187;, tout en se gardant de traiter de la politique des prix des entreprises &#8211; un mar&#233;cage dans lequel peu d'&#233;conomistes s'aventurent. Les &#233;l&#232;ves penseront &#234;tre dans le concret &#8211; des entreprises qui d&#233;cident des prix &#8211; alors que par la suite, dans la partie sur march&#233;s et prix, seul le cas hautement fantaisiste des entreprises preneuses de prix est en fait trait&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs des nouveaux programmes sont sans doute persuad&#233;s qu'ils fournissent des cl&#233;s pour mieux comprendre le monde &#233;conomique dans lequel le lyc&#233;en est plong&#233;. Ils font manifestement partie des universitaires qui sont convaincus que la micro&#233;conomie a un contenu &#171; concret &#187;. Si les &#233;tudiants ne le per&#231;oivent pas toujours, c'est parce qu'elle est mal enseign&#233;e. Il suffit pourtant de reprendre au pied de la lettre leurs propositions pour constater qu'ils se heurtent aux m&#234;mes difficult&#233;s et contradictions que l'enseignant en micro&#233;conomie &#8211; ce qui est &#224; l'origine d'un horrible casse-t&#234;te pour qui veut &#234;tre coh&#233;rent, la moindre des choses pour un enseignant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui d&#233;cide : consommateur ou m&#233;nage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re partie s'intitule &#171; m&#233;nage et consommation &#187;. Pourquoi pas ? L'unit&#233; de r&#233;f&#233;rence, celle qui d&#233;cide de la consommation, est donc, pour le lecteur attentif, le &#171; m&#233;nage &#187;. On voit tout de suite appara&#238;tre une premi&#232;re difficult&#233; : il faut d&#233;finir ce qu'est un m&#233;nage. Cela peut &#234;tre Robinson sur son &#238;le, ou une tribu de Touaregs, l'&#233;tudiant dans sa chambre de bonne ou le monast&#232;re. Tout d&#233;pend de la forme d'organisation et des coutumes de la soci&#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e. Difficile de ne pas en parler, d&#232;s le d&#233;but. Dans une soci&#233;t&#233; comme la France, m&#233;nage et famille &#8211; parents et enfants sous le m&#234;me toit &#8211; sont pratiquement synonymes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, un m&#233;nage est compos&#233; de plus d'une personne, ce qui peut entra&#238;ner des conflits, suivis de compromis, lors des prises de d&#233;cision par ses membres. L'exp&#233;rience de chacun &#8211; lyc&#233;ens compris &#8211; est l&#224; pour rappeler combien les choix collectifs peuvent &#234;tre difficiles &#224; prendre. Au niveau &#233;th&#233;r&#233; qu'affectionnent les micro&#233;conomistes, le probl&#232;me pos&#233; est celui de l'agr&#233;gation des choix individuels, qui a donn&#233; lieu &#224; des &#171; th&#233;or&#232;mes d'impossibilit&#233; &#187; bien connus des initi&#233;s. Les facteurs &#171; culturels &#187; interviennent sans doute dans les d&#233;cisions prises effectivement, qu'elles soient coh&#233;rentes ou pas. Le programme &#233;voque ces facteurs dans sa derni&#232;re partie &#8211; celle que souvent on ne traite pas, ou que l'on b&#226;cle, faute de temps. Il y est m&#234;me sugg&#233;r&#233; de revenir &#224; la th&#233;orie du consommateur. Ce serait une sorte de plus, une touche exotique dans une th&#233;orie bien &#233;tablie, dont on peut se passer, du moins dans un premier temps. Or, il n'en est rien, la th&#233;orie r&#233;duite &#224; sa seule dimension &#233;conomique &#233;tant incapable de dire quoi que ce soit de pr&#233;cis concernant le choix d'un m&#233;nage, d&#232;s qu'il comporte plus d'une personne [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Gary Becker a bien propos&#233; une solution concernant ce choix : la dictature (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est pr&#234;t &#224; parier que les auteurs du programme n'avaient nullement en t&#234;te ce probl&#232;me &#8211; dont il n'est pas certain qu'ils soient conscients, tellement l'habitude a &#233;t&#233; prise, en micro&#233;conomie, d'assimiler consommateur et m&#233;nage. D'ailleurs, dans la foul&#233;e, le programme propose d'&#233;tudier &#171; comment les revenus et les prix influencent les choix des consommateurs &#187;, et non plus celui des &#171; m&#233;nages &#187;. Ceux-ci sont &#224; nouveau &#233;voqu&#233;s d&#232;s qu'il s'agit de s'appuyer sur des &#171; donn&#233;es chiffr&#233;es simples &#187;. Les lyc&#233;ens n'y verront probablement que du feu. Mais c'est l&#224; une question de fond, et non seulement de langage, qu'on ne peut ignorer si on veut traiter des comportements effectifs en ce qui concerne la consommation &#8211; sans parler de la rigueur de la d&#233;marche &#224; laquelle tout enseignant aspire [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Celui-ci peut aussi &#234;tre perplexe devant la place donn&#233;e au taux d'int&#233;r&#234;t (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entreprise et calcul &#224; la marge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un probl&#232;me similaire se pose &#224; propos de l' &#171; entreprise &#187;, &#224; moins de l'assimiler &#224; son &#171; chef &#187;, qui &#171; combine les facteurs de production &#187;, dont les travailleurs, suppos&#233;s dociles et maniables comme les objets inertes &#8211; machines, mati&#232;res premi&#232;res &#8211; qu'ils utilisent. On se demande o&#249; l'enseignant va d&#233;nicher un &#171; exemple simple &#187; de substitution de capital par du travail, o&#249; des hommes remplacent des machines (voir, &#224; ce propos, la partie sur &#171; le mythe de la substituabilit&#233; des facteurs &#187; dans &lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/article21.html&quot; class='spip_out'&gt;http://www.autisme-economie.org/article21.html&lt;/a&gt;). Sans parler des tristement c&#233;l&#232;bres courbes de co&#251;t, moyen ou marginal, peu compatibles avec l'id&#233;e de facteur de production en raison notamment de la pr&#233;sence de co&#251;ts fixes ? (Pour plus de d&#233;tails, cf. &lt;a href=&quot;http://www.bernardguerrien.com/concurrence-et-profit-nul.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.bernardguerrien.com/concurrence-et-profit-nul.pdf&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il suffit de consulter n'importe quel manuel de micro&#233;conomie pour constater que les &#171; exemples simples &#187; qu'on y trouve concernant ces courbes sont fabriqu&#233;s de toutes pi&#232;ces. Manifestement, leurs auteurs n'ont pas trouv&#233; de cas d'entreprises existant effectivement et ayant les courbes de co&#251;t appropri&#233;es. Il y a au moins une raison &#224; cela : le co&#251;t marginal est, dans la pratique, constant &#8211; c'est le co&#251;t des ingr&#233;dients qui composent une unit&#233; suppl&#233;mentaire du bien produit. Comment va-t-on expliquer aux lyc&#233;ens que l'entreprise de la th&#233;orie produit de fa&#231;on &#224; &#233;galiser son co&#251;t marginal au prix &#171; du march&#233; &#187;, alors que n'importe quelle entreprise de la r&#233;alit&#233; qui le ferait serait rapidement ruin&#233;e [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='L'exemple le plus connu est celui du &#171; dernier &#187; voyageur d'un avion et d'un (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] ? Comment expliquer que le prix du pot de yaourt diminue si on l'ach&#232;te dans des lots de plus en plus grands ? que les entreprises fusionnent de fa&#231;on &#224; diminuer leur co&#251;t unitaire, en produisant &#224; plus grande &#233;chelle ? que le prix des objets ne se r&#233;duit pas &#224; celui de la quantit&#233; de t&#244;le, de plastique, de tissu, etc. dont ils sont form&#233;s, auquel s'ajoute le travail ayant servi &#224; le fabriquer ? On va faire face, d&#232;s le d&#233;part, &#224; l'incr&#233;dulit&#233; des lyc&#233;ens, comme cela arrive chez les &#233;tudiants avec la micro&#233;conomie. Il y a l&#224; de quoi les d&#233;go&#251;ter pr&#233;matur&#233;ment de l'&#233;conomie. Surtout que l'affaire ne s'arr&#234;te pas l&#224; : elle devient m&#234;me dramatique quand le point suivant est abord&#233;, celui qui a trait aux march&#233;s et aux prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; En partant de l'&#233;tude d'un march&#233; concret &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le point III du programme, &#171; march&#233; et prix &#187;, demande l'impossible &#224; l'enseignant, &#224; savoir &#171; construire des courbes d'offre et de demande &#187;, puis d&#233;terminer &#224; partir d'elles le prix d'&#233;quilibre, tout cela &#171; en partant de l'&#233;tude d'un march&#233; concret &#187;. Or, pour construire ces courbes, il faut supposer que les prix sont &#171; donn&#233;s &#187;, que les m&#233;nages et les entreprises les &#171; prennent &#187; de fa&#231;on &#224; en d&#233;duire leurs offres et leurs demandes et que quelqu'un additionne ces derni&#232;res, les confronte et &#171; d&#233;termine &#187; enfin le prix d'&#233;quilibre. Il n'y a, dans le monde entier, aucun march&#233; ayant, de pr&#232;s ou de loin, ces caract&#233;ristiques. C'est pourquoi tous les exemples donn&#233;s dans les manuels de micro&#233;conomie, sont construits &#224; partir de donn&#233;es fabriqu&#233;es de toutes pi&#232;ces, totalement&lt;i&gt; ad hoc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enseignant qui veut s'en tenir au programme et se tourner vers les &#171; march&#233;s concrets &#187; sera donc devant un dilemme. Va-t-il prendre en exemple, disons, le &#171; march&#233; immobilier &#187; &#224; Paris ? Les donn&#233;es disponibles sont alors celles du prix du m&#232;tre carr&#233; dans chaque arrondissement. Il pourra alors dire quelque chose dans le genre : le prix est plus &#233;lev&#233; dans le VII-i&#232;me arrondissement que dans le XIX-i&#232;me parce que les gens (ou plus de gens) pr&#233;f&#232;rent habiter dans l'un plut&#244;t que dans l'autre, ou parce qu'il y a moins de logements en vente dans le premier que dans le second. Il pourra remarquer que le prix du m&#232;tre carr&#233; dans chaque arrondissement est en fait une moyenne calcul&#233;e &#224; partir des transactions ayant effectivement eu lieu pendant une p&#233;riode donn&#233;e (disons, le mois pr&#233;c&#233;dent) &#8211; ces transactions &#233;tant l'aboutissement de marchandages o&#249; interviennent une multitude de facteurs non quantifiables. M&#234;me s'il existait une super agence immobili&#232;re qui centralise les diverses propositions d'achat et de vente aux prix qu'elle affiche, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des biens propos&#233;s emp&#234;cherait de parler de courbes d'offre et de demande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque l'offre est le fait d'entreprises, qui sont par nature &#171; faiseuses de prix &#187;, la fonction d'offre n'a plus de sens &#8211; elle n'existe pas &#8211; car leur choix porte &#224; la fois sur la quantit&#233; produite et le prix. La d&#233;termination simultan&#233;e de l'une et l'autre suppose que l'entreprise prenne en compte, ou anticipe, la fonction de demande pour le bien qu'elle se propose de vendre ainsi que les offres de ses concurrents &#8211; y compris ceux qui proposent des substituts &#224; son produit. L'id&#233;e m&#234;me d'une courbe d'offre ind&#233;pendante de la courbe de demande n'a alors aucun sens. Insistons : on ne peut tracer des courbes d'offre et de demande s&#233;par&#233;es &#8211; telles celles qui peuplent les manuels &#8211; que si on suppose des prix donn&#233;s et des agents qui se contentent de les &#171; prendre &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Les offreurs croyant qu'ils peuvent vendre tout ce qu'ils veulent &#224; ces prix (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien n'emp&#234;che &#233;videmment de proposer aux lyc&#233;ens d'enqu&#234;ter sur le march&#233; des fruits et l&#233;gumes de leur quartier, en demandant aux vendeurs comment ils &#233;tablissent leurs prix&#8230; Une incursion du c&#244;t&#233; de Rungis peut aussi &#234;tre bienvenue, question de voir comment les d&#233;taillants n&#233;gocient avec les grossistes. On peut &#233;galement remonter aux rapports entre ces derniers et les producteurs, ou leurs coop&#233;ratives. Mais, dans tous les cas, l'approche par les courbes d'offre et de demande est inappropri&#233;e. En fin de compte, dans les march&#233;s &#171; concrets &#187; on se trouve soit en pr&#233;sence d'entreprises qui proposent des prix &#171; &#224; prendre ou &#224; laisser &#187; &#8211; le cas de loin le plus fr&#233;quent &#8211;, soit devant une forme ou une autre de marchandage, direct ou organis&#233;, par exemple, &#224; travers un syst&#232;me d'ench&#232;res. Il n'y a pas d'autre alternative, et le cas propos&#233; par le programme rel&#232;ve, h&#233;las, d'un monde imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dernier point : on peut fort bien aborder la question d'un &#171; choc d'offre &#187; (genre r&#233;colte exceptionnelle ou exploitation d'un nouveau gisement important) en expliquant que le pouvoir de n&#233;gociation des acheteurs &#8211; qui savent que les producteurs ont plus de biens &#224; &#233;couler &#8211; a augment&#233;, de sorte qu'ils peuvent faire pression sur les prix. Une constatation similaire peut &#234;tre faite lors d'un &#171; choc de demande &#187; &#8211; par exemple, une hausse relativement importante du revenu des acheteurs &#8211;, les vendeurs &#233;tant alors en situation de force. Bien entendu, les vendeurs chercheront &#224; &#233;valuer la disponibilit&#233; &#224; payer des acheteurs, ceux-ci cherchant &#224; conna&#238;tre la disponibilit&#233; &#224; c&#233;der des vendeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peut &#234;tre l&#224; un tissu de banalit&#233;s &#8211; fruit de l'exp&#233;rience de chacun dans sa vie de tous les jours &#8211;, mais introduire l'histoire des courbes d'offre et de demande n'apporte strictement rien de plus, si ce n'est une vision fausse de ce que sont les relations marchandes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dr&#244;le de jeu &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La partie peut-&#234;tre la plus intrigante de cet &#233;trange programme est la proposition de &#171; recourir &#224; un jeu mettant en &#233;vidence de mani&#232;re exp&#233;rimentale comment les prix s'ajustent en situation de concurrence &#187;. Il est notoire chez ceux qui ont entrepris ce genre d'&#171; exp&#233;rience &#187; &#8211; par exemple, avec des &#233;tudiants &#8211; que l'utilisation du cadre id&#233;al des manuels ne conduit nullement au &#171; prix d'&#233;quilibre &#187;, intersection des courbes d'offre et de demande &#8211; celles-ci &#233;tant une donn&#233;e a priori de l'exp&#233;rience [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Les &#233;changes ne portent &#233;videmment pas sur des biens r&#233;els, mais sur des bouts (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Il n'y a d'ailleurs l&#224; rien de bien &#233;tonnant, les intervenants ne se contentant pas d'adopter le comportement &#171; preneur de prix &#187; &#8211; na&#239;f, pour ne pas dire stupide &#8211; que leur attribue la th&#233;orie de la &#171; concurrence &#187; &#224; laquelle songent les auteurs du programme (celle qui est derri&#232;re les courbes d'offre et de demande).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; exp&#233;rimentateurs &#187; ont donc cherch&#233; des formes d'&#233;changes &#8211;faisant appel &#224; un syst&#232;me en r&#233;seau d'ordinateurs &#8211; qui peuvent aboutir au prix d'&#233;quilibre &#171; concurrentiel &#187;, connu d'avance par eux. Le mieux qu'ils aient trouv&#233;, c'est la proc&#233;dure des &#171; doubles ench&#232;res continues &#187;, qui consiste &#224; proc&#233;der &#224; des ench&#232;res successives, chacune aboutissant &#224; un prix d'&#233;quilibre &#171; provisoire &#187; (ce n'est pas le point d'intersection des courbes d'offre et de demande donn&#233;es), la suite de ces prix convergeant, apr&#232;s plusieurs tentatives, vers une valeur proche du prix &#171; concurrentiel &#187;. On est loin des conditions postul&#233;es par la th&#233;orie. Comme le dit Vernon Smith, r&#233;compens&#233; du &#171; Prix Nobel &#187; pour l'impulsion qu'il a donn&#233;e &#224; l'exp&#233;rimentation en &#233;conomie, personne &#171; n'a la moindre id&#233;e sur les raisons d'une telle convergence &#187; &#8211; la th&#233;orie des doubles ench&#232;res continues &#233;tant en fait d'une extr&#234;me complexit&#233; et ne conduisant &#224; aucune conclusion claire, vu le nombre de param&#232;tres qui interviennent dans les d&#233;cisions de chacun (voir, par exemple, la note 29, page 516 de &lt;a href=&quot;http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2002/smith-lecture.pdf&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2002/smith-lecture.pdf&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, il y a longtemps, dans les ann&#233;es 40, Chamberlin s'&#233;tait d&#233;j&#224; livr&#233; &#224; ce genre d'exp&#233;rience avec ses &#233;tudiants. Il en &#233;tait ressorti, de fa&#231;on peu surprenante, que le prix atteint n'&#233;tait pas le prix d'&#233;quilibre &#171; concurrentiel &#187;. Le grand &#171; m&#233;rite &#187;, si on peut dire, de Vernon Smith et autres est d'avoir cherch&#233; &#224; contourner ce r&#233;sultat n&#233;gatif en trouvant des formes d'&#233;changes telles que les doubles ench&#232;res continues qui permettent d'obtenir le r&#233;sultat tellement d&#233;sir&#233;. Est-ce &#224; ces formes d'&#233;changes que songent les r&#233;dacteurs du nouveau programme ? Si tel est le cas, on se demande &#8211; outre le fait qu'elles demandent l'organisation d'un r&#233;seau d'ordinateurs avec des individus isol&#233;s les uns des autres (sans parler des r&#233;mun&#233;rations qui leur sont donn&#233;es pour les &#171; motiver &#187;, comme le veut la th&#233;orie &#8230;) &#8211; , comment l'enseignant va parvenir &#224; convaincre ses &#233;l&#232;ves que tout cela a quelque chose &#224; voir avec la vie &#233;conomique dont il doit leur faire comprendre les principaux ressorts et caract&#233;ristiques ? A supposer qu'il le fasse, ce dont on doute vu les moyens demand&#233;s, il se heurtera une fois de plus &#224; l'incr&#233;dulit&#233; des lyc&#233;ens, et les renforcera dans l'id&#233;e que ce que font les &#233;conomistes est des plus fantaisistes &#8211; ou myst&#233;rieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs des nouveaux programmes sont sans doute profond&#233;ment convaincus que ce qu'ils proposent va dans le sens d'une meilleure compr&#233;hension des relations &#233;conomiques dans nos soci&#233;t&#233;s. Ils ne nient d'ailleurs pas la dimension &#171; culturelle &#187;, ou &#171; sociologique &#187;, de ces relations, mais ils pensent qu'elle n'en est qu'un aspect secondaire, une sorte d' &#171; imperfection &#187; qui vient se greffer &#224; une th&#233;orie qui peut s'en passer, en premi&#232;re approximation, du moins. Elle lui apporte un plus, dont on est pr&#234;t &#224; admettre qu'il est non n&#233;gligeable, mais dont l'&#233;conomiste peut se passer. Or, il n'en est rien. Si on ne pr&#233;cise pas les institutions, les formes d'organisations sociales, la r&#233;glementation dans le cadre desquelles les d&#233;cisions des m&#233;nages et des entreprises sont prises, on est incapable de dire quoi que ce soit d'int&#233;ressant. Partir de la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est &#8211; avec ses institutions, dont la famille, ses r&#232;gles (&#233;crites et non &#233;crites), ses groupes sociaux, sa structure productive &#8211; doit &#234;tre le point de d&#233;part de toute r&#233;flexion en &#233;conomie. C'est dans ce cadre que le comportement des agents doit alors &#234;tre &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Gary Becker a bien propos&#233; une solution concernant ce choix : la dictature bienveillante du chef de m&#233;nage altruiste. Mais on se voit difficilement raconter cela aux lyc&#233;ens. On ne le fait d'ailleurs pas avec les &#233;tudiants &#224; l'universit&#233; &#8211; sauf, peut-&#234;tre, dans des cours tr&#232;s particuliers. Aucun manuel de base de micro ne fait d'ailleurs allusion &#224; cette soi-disant solution, tellement elle doit &#234;tre jug&#233;e peu convaincante par leurs auteurs &#8211; et susceptible d'engendrer des d&#233;bats houleux en cours. Ils pr&#233;f&#232;rent parler indiff&#233;remment de &#171; consommateur &#187; ou de &#171; m&#233;nage &#187;, comme si c'&#233;tait la m&#234;me chose. Et tant pis pour la sacro-sainte rigueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Celui-ci peut aussi &#234;tre perplexe devant la place donn&#233;e au taux d'int&#233;r&#234;t dans la d&#233;cision d'&#233;pargner (point 3 du I). Une br&#232;ve enqu&#234;te des lyc&#233;ens aupr&#232;s de leurs parents permettrait de constater combien on est l&#224; devant un facteur secondaire. Mais il est vrai que c'est si tentant de parler du taux de substitution intertemporelle dans un syst&#232;me complet de march&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] L'exemple le plus connu est celui du &#171; dernier &#187; voyageur d'un avion et d'un train non compl&#232;tement remplis dont le co&#251;t marginal est pratiquement nul. Pour la m&#234;me raison, le p&#233;age des autoroutes devrait &#234;tre nul tant que le trafic n'est pas satur&#233; (et infini quand la saturation arrive). Pour l'&#233;lectricit&#233;, le co&#251;t marginal est nul en p&#233;riode creuse (s'il provient de centrales nucl&#233;aires ou de barrages), &#233;norme quand il faut faire appel &#224; des centrales nouvelles (n&#233;cessit&#233; de recourir au p&#233;trole ou au gaz), puis constant &#224; nouveau (co&#251;t du gaz ou du p&#233;trole).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Les offreurs croyant qu'ils peuvent vendre tout ce qu'ils veulent &#224; ces prix (on dit parfois qu'ils croient que la fonction de demande est &#171; horizontale &#187;), les demandeurs pensant qu'ils peuvent acheter sans limite, si ce n'est celle de leur revenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Les &#233;changes ne portent &#233;videmment pas sur des biens r&#233;els, mais sur des bouts de papier. On donne &#224; chaque &quot;cobaye-acheteur&quot; un papier o&#249; est &#233;crit le prix maximum qu'il est pr&#234;t &#224; payer pour le bien, &#224; chaque &quot;cobaye-vendeur&quot; le prix minimum auquel il est pr&#234;t &#224; le c&#233;der. La suite (d&#233;croissante) des prix maximum vendeur a un seul point commun avec la suite (croissante) des prix minimum acheteur, qui donne donc la valeur du prix d'&#233;quilibre &#8211; connu d'avance donc par celui qui distribue les papiers aux cobayes, et seulement par lui. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Par qui et pour qui a &#233;t&#233; fait le nouveau programme de SES de seconde ?</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article170.html</link>
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		<dc:date>2010-02-05T14:54:47Z</dc:date>
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		<description>Le Minist&#232;re vient de communiquer aux &#233;diteurs le projet de nouveau programme de sciences &#233;conomiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme r&#233;oriente profond&#233;ment les finalit&#233;s de l'enseignement de SES. 1. Un programme qui gomme syst&#233;matiquement les enjeux &#233;conomiques et sociaux contemporains Le Minist&#232;re a choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#233;vacuer du programme de SES propos&#233; en classe de seconde la plupart des questions de soci&#233;t&#233; qui y &#233;taient abord&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent : suppression des (...)

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique12.html" rel="directory"&gt;3. Autres textes sur l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Minist&#232;re vient de communiquer aux &#233;diteurs le projet de nouveau programme de sciences &#233;conomiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme r&#233;oriente profond&#233;ment les finalit&#233;s de l'enseignement de SES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Un programme qui gomme syst&#233;matiquement les enjeux &#233;conomiques et sociaux contemporains
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Minist&#232;re a choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#233;vacuer du programme de SES propos&#233; en classe de seconde la plupart des questions de soci&#233;t&#233; qui y &#233;taient abord&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent : suppression des questionnements sur l'emploi et le ch&#244;mage, sur l'investissement, sur les revenus et les in&#233;galit&#233;s ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l'&#233;pargne, la fixation des prix (y compris du prix d'&#233;quilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l'&#233;conomie. Taire les questions de soci&#233;t&#233;, c'est renoncer &#224; la dimension citoyenne que v&#233;hiculent tous les enseignements g&#233;n&#233;raux du lyc&#233;e et faire perdre &#224; l'enseignement des SES ce qui fonde son succ&#232;s depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tent&#233; de faire enseigner les &#171; aspects positifs de la colonisation &#187; en Histoire-G&#233;ographie, le Minist&#232;re souhaite-t-il faire enseigner les &#171; aspects positifs de l'&#233;conomie &#187; en SES, bref une &#171; &#233;conomie Bisounours &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Un programme qui marginalise les autres sciences sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les entr&#233;es sociologiques du programme sont r&#233;duites &#224; la portion congrue et plac&#233;es &#224; la fin. Or, le document diffus&#233; par le Minist&#232;re pr&#233;cise qu'il faudra traiter &#171; au moins les 10 premi&#232;res questions &#187;. Compte tenu de sa lourdeur, les autres sciences sociales deviennent de facto optionnelles au profit d'un enseignement d&#233;sincarn&#233; d'&#233;conomie fondamentale. Le minist&#232;re rel&#232;gue la sociologie, l'anthropologie, la science politique au rang d'accessoires alors m&#234;me que ces disciplines permettent aux lyc&#233;ens de prendre du recul et donc de mieux comprendre des &#233;l&#233;ments essentiels de leur environnement quotidien comme la famille, l'&#233;cole, les m&#233;dias. Apr&#232;s avoir pourtant rendu un vibrant hommage &#224; Claude L&#233;vi-Strauss, Luc Chatel souhaite-t-il donc &#224; ce point &#171; cacher ces sciences sociales qu'il ne saurait voir &#187; ?. Mais le sort r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;conomie n'est pas pour autant plus envieux. C'est une pr&#233;sentation de l'&#233;conomie atemporelle sans hommes ni institutions, une &#233;conomie r&#233;duite &#224; des courbes, d&#233;riv&#233;es, &#233;lasticit&#233;s et autre prix d'&#233;quilibre. Le Minist&#232;re souhaite-t-il vraiment que les lyc&#233;ens puissent disposer des moyens de se rep&#233;rer dans l'actualit&#233; &#233;conomique et sociale dans laquelle ils baignent &#224; travers les discussions de famille et la t&#233;l&#233;vision ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Un programme inadapt&#233; &#224; des &#233;l&#232;ves de 15 ans qui d&#233;couvrent un nouvel enseignement
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce programme d&#233;montre une fois de plus que contrairement &#224; ses d&#233;clarations, les questions p&#233;dagogiques sont loin d'&#234;tre une pr&#233;occupation pour le Minist&#232;re. Nous avions d&#233;j&#224; pu observer cette contradiction entre la communication et les actes lorsque le Minist&#232;re, tout en affirmant haut et fort qu'il souhaitait &#233;lever la culture &#233;conomique des Fran&#231;ais, avait commenc&#233; par r&#233;duire &#224; la portion congrue le volume horaire de l'enseignement de SES (90 minutes par semaine seulement et suppression du travail en groupe r&#233;duit) ! Mais le choix des notions que le Minist&#232;re consid&#232;re qu'un &#233;l&#232;ve de seconde, doit apprendre en priorit&#233; est aussi &#233;loquent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me de la consommation, les &#233;l&#232;ves seront sens&#233;s se passionner pour la notion &#171; d'&#233;lasticit&#233;-prix &#187;, tandis que dans le m&#234;me temps, on leur refuse de parler de pouvoir d'achat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me de l'entreprise, ils devront d&#233;couvrir les joies des &#171; constructions des courbes de co&#251;ts &#187; tandis qu'il leur sera interdit de parler d'innovation ou de la distinction entre chiffre d'affaires et profit&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me du march&#233;, on pr&#233;f&#233;rera leur parler de la construction du &#171; prix d'&#233;quilibre &#187; plut&#244;t que de ce qu'est une &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; qui n&#233;cessite un ensemble de &#171; r&#232;gles &#187; que les acteurs doivent respecter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On demande &#224; des lyc&#233;ens venant de quitter le coll&#232;ge d'aborder l'&#233;conomie par l'apprentissage d'outils abstraits. C'est l'id&#233;e que l'on fait d&#233;couvrir et aimer la musique par la r&#233;p&#233;tition pr&#233;alable des gammes. Or, pour qui conna&#238;t le public lyc&#233;en, a fortiori en seconde, c'est raisonner &#224; l'envers. C'est au contraire parce qu'on part des questions contemporaines qui font sens pour les lyc&#233;ens que ces derniers consentent &#224; fournir l'effort n&#233;cessaire pour assimiler des outils. Voudrait-on r&#233;duire l'attractivit&#233; des SES et de la s&#233;rie ES que l'on ne s'y prendrait pas autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la confection de tout programme est une succession de choix, le Minist&#232;re a pr&#233;f&#233;r&#233; imposer les siens, au d&#233;triment m&#234;me du travail r&#233;alis&#233; par le groupe d'experts qu'il a pourtant lui-m&#234;me constitu&#233;. On en vient &#224; croire que le programme &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;crit. Cette fa&#231;on de proc&#233;der est proprement inacceptable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'&lt;a href=&quot;http://www.apses.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;APSES&lt;/a&gt; appelle les professeurs de SES &#224; exprimer leur refus de ce programme d&#233;mesur&#233;, inadapt&#233; et d&#233;natur&#233; lors de la consultation organis&#233;e par le Minist&#232;re &#224; partir du 8 f&#233;vrier. Si le programme n'&#233;tait pas profond&#233;ment remani&#233;, et l'horaire allou&#233; augment&#233; (pourquoi nombre d'enseignements d'exploration ont 3h ?), l'APSES se verrait dans l'obligation d'appeler les coll&#232;gues &#224; la d&#233;sob&#233;issance citoyenne et &#224; ne pas appliquer ce programme &#224; la rentr&#233;e 2010. Elle appelle d'ores et d&#233;j&#224; tous les citoyens &#224; se mobiliser lors de la semaine d'action pour les SES &#224; compter du lundi 25 janvier, et &#224; participer &#224; la manifestation du 30 janvier pour exprimer ce refus d'une r&#233;forme qui marginalise et d&#233;nature les SES.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus de d&#233;tails sur le site &lt;a href=&quot;http://www.apses.org/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.apses.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Tribune du Monde en version int&#233;grale et quelques compl&#233;ments.</title>
		<link>http://www.autisme-economie.org/article166.html</link>
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		<dc:date>2009-10-16T22:12:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;La tribune publi&#233;e dans Le Monde et trois articles en compl&#233;ments&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.autisme-economie.org/rubrique16.html" rel="directory"&gt;3. Dans la presse&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tribune que nous avons publi&#233;e dans Le Monde (&#233;dition du 10 octobre) &#233;tait n&#233;cessairement courte. Plusieurs points m&#233;ritent d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou n&#233;cessitent des informations compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ La tribune que nous avions propos&#233;e au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (qui a publi&#233; une version un peu plus courte) :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise et l'enseignement de l'&#233;conomie
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux Etats-Unis, comme en France, une vague de critiques submerge la recherche et l'enseignement en &#233;conomie. Paul Krugman, prix Nobel 2008, et parmi les &#233;conomistes les plus en vue, explique dans diff&#233;rents articles (voir notamment : &#171; &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2009/09/06/magazine/06Economic-t.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;How Did Economists Get It So Wrong ?&lt;/a&gt; &#187;) comment la macro&#233;conomie est progressivement tomb&#233;e dans un &#171; &lt;i&gt;&#226;ge sombre&lt;/i&gt; &#187; : m&#234;me les th&#233;ories les plus &#171; &lt;i&gt;farfelues&lt;/i&gt; &#187; pouvaient, si elles &#233;taient &#171; &lt;i&gt;int&#233;gr&#233;es dans des mod&#232;les math&#233;matiques ing&#233;nieusement construits&lt;/i&gt; &#187;, en venir &#224; dominer l'enseignement de cette discipline. Patrick Artus a fait d'ailleurs un constat similaire dans les colonnes de ce journal en &#233;crivant que &#171; &lt;i&gt;la macro&#233;conomie, depuis quelques ann&#233;es, est devenue une science formelle sans rapport avec la r&#233;alit&#233;. L'analyse de mod&#232;les d'&#233;quilibre g&#233;n&#233;ral intertemporel en horizon infini avec des fondements micro&#233;conomiques standard de type n&#233;oclassique qui domine toute la recherche en macro&#233;conomie n'apprend rien sur la vraie vie&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 10/09/09). Pour Brad DeLong, de l'universit&#233; de Berkeley, il s'agit l&#224; d'un &#171; &lt;i&gt;effondrement intellectuel&lt;/i&gt; &#187; d'une partie des institutions de l'&#233;conomie dominante, dont la principale cons&#233;quence est qu'une partie des &#233;conomistes cens&#233;s fournir des r&#233;ponses aux grandes questions que pose la crise actuelle sont incapables de faire avancer le d&#233;bat en raison de leur ignorance de l'histoire des faits et de la pens&#233;e &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'inverse, les &#233;conomistes cherchant &#224; expliquer cette crise accordent une place essentielle aux faits, notamment &#224; l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e des crises pass&#233;es, dont ils cherchent &#224; tirer les le&#231;ons... Les tentatives d'explication et de pr&#233;diction mobilisent un certain nombre de comportements et de raisonnements de base, que chacun peut comprendre. Interrog&#233; en juin 2009 sur ce qu'il dirait &#224; un &#233;tudiant commen&#231;ant un cursus d'&#233;conomie, Paul Samuelson, consid&#233;r&#233; comme l'un des p&#232;res de l'&#233;conomie math&#233;matique, r&#233;pondait : &#171; &lt;i&gt;Je dirais, et c'est s&#251;rement un changement par rapport &#224; ce que j'aurais dis lorsque j'&#233;tais plus jeune : ayez le plus grand respect pour l'&#233;tude de l'histoire &#233;conomique car il s'agit du mat&#233;riau d'o&#249; proviendront toutes vos conjectures et tous vos tests. Je pense que la p&#233;riode r&#233;cente l'a illustr&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;The Atlantic&lt;/i&gt;, 18/06/09).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, comme le rappelle Samuelson, &#171; &lt;i&gt;l'histoire n'&#233;crit pas sa propre histoire&lt;/i&gt; &#187;. Les explications s'appuient forc&#233;ment sur des hypoth&#232;ses et des th&#233;ories. Lesquelles ? Celles de Keynes, de Marx et, dans une moindre mesure, de Minsky, de Galbraith ou de certains r&#233;gulationnistes, se r&#233;v&#232;lent ici plus pertinentes que la th&#233;orie dominante. Tr&#232;s rares sont d'ailleurs les &#233;conomistes qui se r&#233;f&#233;rent aux th&#233;ories les plus r&#233;centes de la macro&#233;conomie ou de la micro&#233;conomie pour expliquer la crise. Ce sont pourtant ces th&#233;ories qui constituent le c&#339;ur de l'enseignement en &#233;conomie. Leurs mod&#232;les saturent les revues acad&#233;miques d'&#233;conomie les plus r&#233;put&#233;es. Ils sont d'ailleurs &#224; l'origine de la plupart des m&#233;dailles et prix que la profession s'attribue. Ultime paradoxe, &#224; l'heure o&#249; la plupart des &#233;conomistes cherchent &#224; se faire passer pour des keyn&#233;siens, la &#171; macro&#233;conomie keyn&#233;sienne &#187; n'obtient que quelques heures en tout d&#233;but de cursus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe donc un gouffre entre, d'un c&#244;t&#233;, ce que les &#233;conomistes enseignent et c&#233;l&#232;brent, et, de l'autre, ce qui est utile pour analyser nos soci&#233;t&#233;s. Ce constat n'est pas nouveau. En juin 2000, nous avions publi&#233;, avec d'autres &#233;tudiants et enseignants de la discipline, une &#171; &lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/article2.html&quot; class='spip_out'&gt;Lettre ouverte&lt;/a&gt; &#187; qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; cette situation. Ce mouvement &#233;tait rapidement devenu international. Les politiques avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s. A la demande de Jack Lang, ministre de l'Education Nationale d'alors, un rapport avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Jean-Paul Fitoussi. Il est en bonne partie rest&#233; lettre morte. Le Manifeste demandait notamment que l'enseignement de l'&#233;conomie accorde une plus grande importance &#224; l'histoire des faits et des th&#233;ories, y compris les plus r&#233;centes. L'euphorie qui r&#233;gnait avant la crise n'en &#233;tait-elle pas un signe avant-coureur, que les &#233;conomistes auraient pu mieux d&#233;crypter s'ils avaient &#233;t&#233; plus familiers avec l'histoire des crises et des th&#233;ories qui essayaient de les expliquer ? Avec le recul, la macro&#233;conomie appara&#238;t surtout comme une suite de th&#233;ories dont la logique a plus &#224; voir avec l'air du temps &#8211; en fonction du rapport de force entre partisans et ennemis de l'intervention de l'Etat &#8211; qu'avec un quelconque &quot;progr&#232;s de la science&quot;. Notre manifeste regrettait l'absence, dans le cursus type en &#233;conomie, d'&#233;tudes concr&#232;tes et approfondies du fonctionnement d'institutions comme les Banques Centrales... Si nos recommandations avaient &#233;t&#233; adopt&#233;es, les &#233;conomistes auraient sans doute &#233;t&#233; moins surpris de voir ces Banques prendre en pension des actifs douteux, ouvrant la voie &#224; une cr&#233;ation mon&#233;taire loin des canons admis dans les manuels, et en opposition aux propositions d&#233;rivant de th&#233;ories ayant valu le prix Nobel d'&#233;conomie &#224; leurs auteurs. Enfin, l'&#233;nergie consacr&#233;e &#224; des exercices st&#233;riles dans le cadre de ce qu'on appelle la micro&#233;conomie, serait mieux utilis&#233;e &#224; l'&#233;tude des relations marchandes telles qu'on peut les observer, dans une perspective pluridisciplinaire. Telles sont quelques unes des pistes pour que l'enseignement en &#233;conomie sorte enfin de son &#171; autisme &#187;. La crise &#233;conomique aura-t-elle au moins le m&#233;rite d'y contribuer ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Emmanuelle B&#233;nicourt (Univ. de Valenciennes), David Cayla (Univ. d'Angers), Godefroy Clair (Univ. Paris-13), Baptiste Fran&#231;on (Univ. Paris-I), Ozgur Gun (Univ. de Reims), Pauline Hyme (Univ. Lille-I), Arthur Jatteau (EHESS), Philippe L&#233;g&#233; (Univ. d'Amiens), Ioana Marinescu (Universit&#233; de Chicago), Gilles Raveaud (Univ. Paris-8), Thomas Roca (Univ. Bordeaux-4), Damien Sauze (Univ. de Dijon), sont Ma&#238;tres de Conf&#233;rences ou doctorants en sciences &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ Cette tribune &#233;tait n&#233;cessairement courte. Plusieurs points m&#233;ritent d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou n&#233;cessitent des informations compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; D'abord, pour ceux qui veulent en savoir plus sur la &quot;guerre de la macro&quot; qui a lieu en ce moment aux Etats-Unis entre keyn&#233;siens et n&#233;olib&#233;raux, nous proposons une synth&#232;se et quelques liens vers les articles importants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_1_freshwater_saltwater.pdf&quot; class='spip_out'&gt;Freshwater &amp; Saltwater.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comme nous citons diff&#233;rentes critiques de la macr&#233;conomie contemporaine, il nous a aussi sembl&#233; important de rapporter comment ces &#233;conomistes se justifiaient :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_2-_Robinson.pdf&quot; class='spip_out'&gt;Robinson ou le meilleur des mondes.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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