Autisme-Economie.org
Chercher
forum Chercher

breve

Brèves connexes


Mars 2015

Du rififi du côté des « fondements microéconomiques »

La macroéconomie est toujours au centre des débats entre économistes du courant dominant. Beaucoup continuent à utiliser la macroéconomie « à l’ancienne » (basée sur un mélange d’identités comptables et de « relations de comportement liant des agrégats » (...)

Y a d’l’espoir !

mardi 3 mars 2015

Alors qu’Autisme-Economie existe depuis 15 ans, c’est parfois un peu désespérant de constater que la critique de la plupart des économistes "hétérodoxes" est "à côté de la plaque"...

L’exemple le plus frappant : le modèle de concurrence parfaite. Pratiquement tous les économistes critiques de la théorie néoclassique continuent à répéter que le problème est que ce modèle n’est pas "réaliste" et ou son absence de "structures", d’organisation sociale pour réguler les échanges (alors qu’elles existent et sont justement le point faible de cette théorie !).

Ils répètent ces choses si inlassablement qu’on pourrait se demander si un seul économiste comprend que le problème central est l’hypothèse de "preneur de prix" puisqu’elle implique l’existence d’un "planificateur bienveillant" pour proposer les prix et qui devrait amener toute personne de bon sens à refuser de parler de "marchés" à propos de ce modèle.

Heureusement, on tombe parfois sur de bonnes surprises qui permettent de nuancer ce constat trop pessimiste. C’est ainsi que nous avons découvert récemment un livre sorti en 2012 écrit par l’économiste John Weeks (un professeur de la "School of Oriental and African Studies of the University of London") intitulé The Irreconcilable Inconsistencies of Neoclassical Macroeconomics : A False Paradigm (éd. Routeledge, voir à la fin)

Dans un chapitre consacré au modèles de "statique comparative", John Weeks discute du célèbre modèle :

"La concurrence parfaite est un modèle beaucoup plus problématique que ce que sa présentation habituelle laisse supposer. Les acheteurs et les vendeurs ne peuvent être "preneurs de prix" que s’il y a un commissaire-priseur. En son absence, les agents ajusteraient de leur propre initiative les prix s’ils ne pouvaient pas acheter ou vendre au montant qu’ils désiraient. Mais dès que les agents agissent de cette façon, ils fixent les prix, ce qui, par définition, n’est plus de la concurrence parfaite. Malgré ce qu’on peut lire dans les manuels standards, un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs n’est pas une condition suffisante pour la concurrence parfaite (...). La suggestion que certains véritables marchés, tels que ceux pour les produits agricoles, se rapprochent de la concurrence parfaite est fausse.
La concurrence parfaite est une construction imaginaire, impliquant un commissaire-priseur mythologique, sans aucun exemple concret dans le monde réel passé ou présent. Ainsi, les marchés ne doivent pas être considérés comme différents de la concurrence parfaite par une simple mesure quantitative (...). La différence est similaire à celle qui existe entre les dragons et les alligators. La différence n’est pas que l’alligator n’est pas un petit dragon qui ne respire pas le feu, la différence est que les alligators exister et dragons n’existent et n’ont jamais existé. (...)
Aussi incontestable que soit la solution d’un point de vue mathématique, le résultat souhaité — la compensation simultanée de tous les marchés à des prix qui satisfont tous ses participants — ne se produit que sous des hypothèses très restrictives, à savoir la présence ex machina du commissaire-priseur. Ce n’est pas par choix que des règles aussi invraissemblables que celle suggérées par Walras ont persisté dans les modèles depuis plus d’un siècle. Elles persistent parce que, en plus de 100 ans, personne n’a proposé une meilleure explication de la façon dont l’équilibre général pourrait être atteint. Il n’existe aucun modèle de la façon dont les marchés pourraient produire un équilibre général avec des acheteurs et des vendeurs satisfaits, ou même approcher ce résultat."

Même si sa présentation est un peu différente, l’idée est bien là : le problème central est l’hypothèse de preneur de prix, le modèle de concurrence parfaite n’est pas un modèle même idéal des marchés, ses hypothèses étant simplement indéfendables.
Sa conclusion est radicale mais difficilement contestable... D’ailleurs, lorsqu’il dit qu’"il n’existe aucun modèle de la façon dont les marchés pourraient produire un équilibre général", on pourrait ajouter : et il n’en existera JAMAIS, car cela supposerait réglé le problème de la négociation bilatérale - indéterminé par nature (hors convention sociales).

Lien vers le livre

Articles connexes

La nouvelle macroéconomie

ou comment introduire des marchés dans un monde sans échanges

Pour une reforme en profondeur des enseignements de l’économie

Texte commun d’enseignants et du Mouvement sur le rapport Fitoussi

Articles connexes

La nouvelle macroéconomie

ou comment introduire des marchés dans un monde sans échanges

On ne veut plus de macro-économie à agent représentatif

si on ne nous explique pas ce que l’agent representatif represente !

Articles connexes

 
Autisme-Economie.org > Les Textes
 
 
Autisme-Economie.org - Site réalisé avec SPIP par Siloh.