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Micro, macro, mes crocs !

Numéro 14

Lettre d’information (presque) mensuelle du Mouvement des étudiants pour une réforme de l’enseignement de l’économie.

Sommaire

La raison d’être d’Autisme Economie est depuis toujours une réforme des enseignements d’économie dispensés dans les grandes écoles et universités françaises. L’U.F.R. d’économie de l’Université Paris 1, dont les cours n’étaient jusqu’alors pas les plus « autistes », vient de dévoiler ses projets de nouveaux programmes. Au menu : suppression de l’histoire de la pensée, et micro-économie à haute dose dans le tronc commun de maîtrise ! La section Autisme Economie Paris 1 refuse cela, et vous propose de participer à l’élaboration de programmes alternatifs.

Car les étudiants sont bel et bien mécontents de l’enseignement qu’on leur propose, comme l’a encore montré le débat organisé récemment à Aix par Catherine Piarulli et David Touahri, doctorants et enseignants de travaux dirigés à l’université de la Méditerranée. Notre représentante Pauline Hyme nous livre ses impressions.

Evènement : nos amis de la FSU vous proposent de venir participer aux Deuxièmes rencontres nationales sur l’enseignement de l’économie, sur le thème de... l’entreprise. Attention : c’est samedi 15 mai, autrement dit ce samedi !

_Enfin, nous continuons nos débats avec des économistes français, avec cette fois-ci Robert Boyer qui nous a appris que son choix de l’économie a tenu a bien peu de choses...

Autisme Economie - Paris 1 : les étudiants parlent aux étudiants

Un petit rappel...

La section Paris 1 d’Autisme Economie est née en juin 2002 avec la volonté d’accentuer le travail auprès des étudiants en organisant des débats et en leur proposant de participer à l’élaboration d’une maquette alternative. Pour cela, il nous a semblé nécessaire que la section Paris 1 d’Autisme Economie ait des représentants au sein du conseil d’UFR d’économie (lieu où se prennent les décisions quant à l’organisation des enseignements) afin que nos revendications soient bien comprises et qu’elles soient prises en compte lors des décisions.
En décembre 2002, la liste présentée par Autisme Economie - Paris 1 (avec deux syndicats étudiants) aux élections pour les représentants aux conseils d’U.F.R. a recueilli le plus grand nombre de voix, tous cycles confondus, dans un contexte de participation exceptionnelle. Ceci prouve que les étudiants se sentent concernés par le débat sur leurs enseignements, qu’ils souhaitent sortir des « mondes imaginaires » et recevoir des enseignements pluralistes et de qualité.

Près d’un an et demi après ces élections, les militants de la section Paris 1 sont restés très actifs.
Nous avons, dans un premier temps, organisé des projections de films documentaires portant sur des thèmes économiques et sociaux, suivis de débats avec le réalisateur et/ou des économistes. Mais notre action s’est davantage axée sur le refus de la réforme LMD (Licence –3ème année- Master –5ème année- Doctorat –8ème année-) et l’élaboration de maquettes alternatives.

En effet, Autisme Economie - Paris 1 a dès 2002 manifesté son refus de la réforme LMD qui se traduit par une casse du cadre national des diplômes et une diminution de la mobilité des étudiants (même si elle prétend le contraire). Cette réforme va en effet, freiner le passage d’une université à l’autre puisque le contenu de chaque diplôme sera complètement local. Elle va donc à l’encontre de notre vision de l’université républicaine de qualité et de ce pour quoi nous nous battons. Cependant, si cette réforme est appliquée, nous considérons que les élus étudiants doivent être associés à l’élaboration des maquettes, comme le prévoit la loi Faure de 1968. Or, lors du dernier conseil d’UFR du 17 Mars 2004 ont été présentés les projets (non définitifs) de réforme des cursus d’économie pour la maîtrise et les troisièmes cycles (1ère et 2ème année de master dans le cadre de la réforme LMD), à notre grande surprise !
Les projets qui ont été présentés sont en effet le résultat d’au moins 4 réunions entre certains enseignants auxquelles aucun élu étudiant ni IATOSS (personnel ingénieur, administratif, technicien, ouvrier de service et de santé) n’a été convié. Or, même si Autisme Economie Paris 1 s’oppose à l’application de la réforme, les élus étudiants doivent être pleinement associés à l’élaboration des nouvelles maquettes. Lors de la campagne pour les élections des représentants étudiants aux conseils d’UFR, nous nous sommes engagés à défendre une certaine vision de l’enseignement de l’économie au sein du conseil et nous comptons bien nous faire entendre !

Nous, section Paris 1 d’Autisme Economie, rejetons en bloc ce nouveau projet qui :
- s’inscrit dans une démarche élitiste, puisque la réforme est pensée à partir du Master (qui correspond aux actuels maîtrise /DEA)
- n’est à l’heure actuelle pas accompagnée de nouveaux moyens (gel des créations de poste en 2004 et budget insuffisant)
- propose en cours obligatoire de maîtrise, tenez vous bien... : microéconomie/ macroéconomie/ techniques quantitatives et entraîne la suppression des 2 cours d’Histoire de la pensée dispensés actuellement (dont un seul réapparaîtrait en licence). Ce projet se caractérise donc par une absence totale de pluralisme des théories enseignées, à rebours de ce que demandent les étudiants dans leur majorité.

En conséquence, Autisme Economie - Paris 1 ne saurait accepter ce projet, en particulier la présence de la microéconomie dans le tronc commun, tant cette matière constitue l’exemple même d’une théorie tournée vers des « mondes imaginaires » et dont l’inutilité pratique est avérée. En quoi cette théorie aide-t-elle à comprendre le monde ? Et quelle entreprise recherche des microéconomistes ?

Autisme Economie - Paris 1 réagit !

A la rentrée des vacances de Pâques, une réunion a donc d’abord été organisée avec tous les étudiants en économie, afin de les informer de ce qui se prépare dans leur UFR.
Parallèlement à cela, nous avons conçu des propositions concrètes d’organisation des études en économie, avec des cursus qui permettent la confrontation des différentes théories et des différents champs disciplinaires. Nous sommes en effet convaincus que l’étude des débats qui ont (toujours) eu lieu en économie politique et dans les sciences sociales est particulièrement formatrice. Elle donne l’occasion à chaque étudiant de prendre position et ainsi de construire sa propre réflexion.

Des maquettes alternatives ont donc été élaborées dans ce sens. Elles sont visibles en ligne : http://www.autisme-economie.org/Maquette.htm
Dans un souci de démocratie, nous avons veillé à ce que chacun puisse amender ces maquettes, en ajoutant un lien vers le forum : http://autisme-economie.org/forum/
Ces maquette ont été présentées au conseil d’UFR d’économie de l’Université Paris 1, dont nous n’avons pas encore le compte-rendu à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Nous, section Paris 1 d’Autisme Economie, défendons les idées pour lesquelles nous avons été élus, et nous engageons à informer tous les étudiants dès que des projets les concernant sont discutés.
Nous vous tiendrons au courant de nos prochaines actions dans Micro, Macro, Mes crocs !

Autisme Economie - Section Paris 1

Débat à Aix sur l’enseignement en économie
(26 mars 2004)

Ce débat, initialement prévu autour du thème : "la place des maths dans l’enseignement en économie", puis reformulé plus généralement sous le thème : "l’enseignement dispensé/à dispenser en économie dans nos facultés", a été organisé par Catherine Piarulli et David Touahri, doctorants et chargés de travaux dirigés, avec l’aide du CIES (Centre d’Initiation à l’Enseignement Supérieur) Provence – Côte d’Azur - Corse. Ils nous ont invités à y participer.
Je vous en livre un petit compte-rendu tout ce qu’il y a de plus subjectif.
Le débat manquait d’unité ; je dirais même qu’il s’apparentait le plus souvent à un dialogue de sourds ! Nous étions sept intervenants à venir d‘horizons’ très différents.

Je suis intervenue la première. J’ai d’abord rappelé les origines d’Autisme en exposant les 3 revendications traditionnelles et en prenant soin de nuancer celle relative à l’excès de formalisation – la position d’Autisme n’étant évidemment pas de remettre en cause l’importance des méthodes économétriques/statistiques dans la compréhension de certains phénomènes économiques, mais d’attirer l’attention sur le fait que nombre de modèles enseignés, bien que mathématiquement très sophistiqués, ne répondent que très rarement à des problèmes économiques pertinents, c’est-à-dire qui se posent effectivement dans la “ réalité ” économique observée. J’ai ensuite insisté sur l’aspect ‘rejet de la micro et macro à fondements micro’ en tant que théorie ‘dominante’ et sur la nécessité d’une approche pluraliste si l’on veut encourager la réflexion et l’esprit critique. Le ‘rayonnement’ national et international d’Autisme a aussi été évoqué (pub pour notre Petit Bréviaire des idées reçues en économie, la Post-Autistic Economics Review, etc.). J’ai enfin terminé sur le but essentiel (principal ?) d’Autisme, à savoir agir sur le contenu des enseignements dispensés en économie à l’université – rappelons que la section autisme-Paris I a obtenu 2 sièges l’an dernier au conseil d’UFR d’économie, et qu’elle est arrivée première en nombre de voix !

Alain Beitone, professeur dans le secondaire, est intervenu ensuite. Il fut assez agressif à l’égard d’Autisme, ne “ comprenant pas bien le sens des 3 revendications ” : - selon lui, il existe actuellement une “ production pluraliste ” en économie, et nous avons tort de penser que la micro a envahi l’économie !!! - après nous avoir rappelé les canons de la démarche scientifique (conjectures / réfutation), il a souligné combien l’économie répondait bien à ces critères (amusant, non ? comme quoi, tout est relatif dans la vie). – par ailleurs, en reprochant à l’enseignement actuel en économie son caractère “ déconnecté de la réalité ”, Autisme nierait l’économie dans sa dimension ‘théorique’. Est-il nécessaire de préciser que la mise en avant par Autisme de la déconnexion quasi-permanente entre ‘théorie’ et ‘faits’ (pour faire très vite) vise avant tout à faire valoir – encore une fois – la nécessité (l’urgence ?) d’un pluralisme en économie, et que ceci n’a évidemment rien à voir avec le fait d’aimer ou non la théorie ? Apparemment oui…

Patrick Pintus, professeur à Aix, a défendu l’idée qu’Autisme n’était pas “ à la page ” : la concurrence parfaite, l’équilibre général, ne sont plus “ d’actualité ” (date des années 60, on est vraiment complètement “ périmés ”), puisqu’aujourd’hui, la concurrence imparfaite a fait son entrée en théorie économique ! (avec le “ price-making ” et les “ asymétries d’information ” notamment). Alors oui, bien sûr, la concurrence parfaite reste la norme, mais il ne s’agit “ que d’une norme ”, dans la mesure où “ l’on sait bien évidemment que, dans les faits, elle n’est pas réalisée ”… Je continue ?

Bernard Guerrien, maître de conférences à Paris I, est intervenu juste après ; il devait intervenir sur : “ quelles maths en économie ? ”, mais a finalement préféré insister sur l’absence de résultats convaincants en microéconomie - prenant l’exemple de la théorie des jeux.

Michel Barillon, maître de conférences à Aix, a fait une intervention assez atypique par rapport aux autres intervenants : il s’est situé sur le terrain ‘épistémologique’, soulevant des points intéressants, comme le problème de la finalité de l’enseignement en économie ou l’importance de développer la capacité à réfléchir – et à prendre du recul – des étudiants. Point important : avec la réforme LMD, ses principaux cours ont été supprimés, parce qu’à ‘tonalité critique’.

Quelle analyse peut-on tirer de tout ça ?

Le débat réunissait des intervenants se posant, semble-t-il, des questions très différentes. Et, si l’organisation d’un débat dans lequel divers points de vue sur la discipline peuvent s’exprimer est en soi une idée excellente, il faut aussi que les participants puissent s’entendre sur certains principes “ de base ”, faute de quoi le débat est inintelligible.

De ce point de vue, le débat à Aix a permis de bien voir que la difficulté principale est que chacun “ interroge ” toujours la discipline de son propre point de vue. D’un côté, il y a ceux pour qui l’économie est avant tout une “ science ” : à ce titre, elle se doit d’apporter des “ réponses ” en quelque sorte “ définitives ”. ; l’économie semble pour eux se résumer à une sorte de “ boîte à outils ”. De l’autre, il y a ceux qui, à l’inverse, refusent la possibilité que les phénomènes économiques puissent faire l’objet d’une connaissance objective et “ scientifique ” ; pour autant, cette dimension de “ non-scientificité ” de l’économie ne doit pas être considérée comme le signe d’un échec de la discipline, mais plutôt comme ce qui la caractérise, en tant qu’elle est une science “ sociale ”.

Bref, le principal intérêt du débat aura été de faire ressortir la diversité des positions épistémologiques et méthodologiques qui existe en économie - en clair, le fait que nous n’interrogeons pas tous la discipline de la même manière, nous n’en attendons pas les mêmes choses.

Un grand merci encore à Catherine Piarulli et David Touahri pour avoir organisé ce débat. Ceux-ci nous ont assuré qu’ils avaient eu vent d’Autisme depuis le début, que ça avait suscité beaucoup d’interrogations à Aix-Marseille, et, de fait, un certain nombre d’étudiants et d’enseignants sont venus nous dire qu’ils allaient régulièrement sur le site, lisaient attentivement les lettres d’info, etc. Donc au moins, ça circule, ce qui est plutôt bon signe !

Pauline Hyme

Deuxièmes rencontres nationales sur l’enseignement de l’économie : « Formation des citoyens et monde des entreprises »

Samedi 15 mai 2004
Université de la Sorbonne, Amphi Turgot
(métro : Odéon, ou RER Cluny-Sorbonne ou Luxembourg)

Présentation

Le système éducatif dans son ensemble doit mieux assurer l’enseignement des réalités économiques et sociales, et ceci à tous les niveaux et pour tous les élèves et étudiants. Tel fut le message principal des premières Rencontres nationales de l’enseignement de l’économie qui se sont tenues à La Sorbonne en avril 2003 et qui étaient co-organisées par l’Institut de recherches de la FSU et ATTAC. Le succès de cette initiative a conduit les organisateurs et les nombreux partenaires qui s’y sont investis (voir liste à la fin du programme) à proposer une deuxième édition.

Tous les citoyens ont le droit de comprendre les logiques et les faits économiques et sociaux qui déterminent leur existence et sur lesquels ils devraient pouvoir exercer leurs droits. Pour cela, ils doivent être en mesure de connaître de façon objective et pluraliste le monde des entreprises dans toutes ses dimensions. Le rôle d’une école laïque attachée à la liberté de l’esprit et à l’examen rigoureux des faits n’est pas d’être la caisse de résonance de tous ceux qui font de « l’Entreprise » un mythe et veulent en diffuser une vision quasi-religieuse auprès de l’opinion et, plus particulièrement, auprès des jeunes. Son rôle consiste au contraire à favoriser une appréhension scientifique du monde complexe et divers des entreprises, avec la distance qui convient et en variant les points de vue et, par là, à doter tous les futurs citoyens et acteurs de la vie économique et sociale des instruments intellectuels qui leur permettront à la fois de comprendre les logiques qu’ils rencontreront dans leurs vies professionnelles et de contribuer à la transformation des réalités économiques et sociales. L’école n’a pas pour seule mission de décrire le monde tel qu’il est, elle défend aussi auprès des élèves des valeurs et des principes.
Elle a ainsi pour vocation d’éveiller les élèves à la question de la citoyenneté dans tous les domaines et en particulier dans celui de l’entreprise. Ce qui suppose par exemple un enseignement des droits des salariés et une réflexion sur le pouvoir de contrôle démocratique que les salariés devraient pouvoir exercer sur les décisions et les politiques d’entreprise.

Conscients que nul ne peut se prétendre sans abus le détenteur d’un monopole de la vérité sur cet univers varié et conflictuel, les organisateurs veulent faire entendre cette diversité au travers des tables rondes et des ateliers qui réuniront des salariés, des enseignants, des étudiants, des chercheurs de différentes disciplines, des représentants d’organisations syndicales et patronales, des journalistes.

Programme

9h - 9h15 : Accueil des participants
9h15 - 9h30 : Présentation des Rencontres
9h30 - 11h : 1ère table ronde - L’entreprise, un mythe et des réalités
Avec Jean-Pierre Durand, Patrick Fridenson, Marc Humbert et Bernard Saincy.
Le débat sera animé par Guillaume Duval, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques

11h15 - 12h45 : 2ème table ronde
Comment faut-il enseigner le monde des entreprises dans l’enseignement secondaire ?
Avec Jean-Louis Beffa, François-Louis Billon, Edwige Corcia, Gisèle Jean, Dominique Plihon.
Le débat sera animé par Anne Bauer, journaliste aux Echos

14h - 16h30 : Ateliers

1er atelier : L’Entreprise éducatrice ?
Animation : Edwige Corcia et Yves Baunay. Avec notamment la participation de Julien Bayou, Francis Vergne, André Blanchard, Martine Massabie, Prisca Kergoat.

2ème atelier : Stratégies commerciales et publicitaires des entreprises dans le monde scolaire.
Animation : Régine Tassi. Avec notamment la participation de Jacques Guin, Paul Ariès, Charlotte Nenner, François Brune.

3ème atelier : Outils de gestion et nouveau capitalisme.
Animation : Dominique Plihon. Avec notamment la participation de Eve Chiapello, Nadine Levratto, Frédéric Boccara.

4ème atelier : Le travail : le grand absent de l’enseignement ?
Animation : Georges Ortusi et Christian Laval. Avec notamment la participation de Stéphane Beaud, Hélène Latger, Bernard Saincy, Sylvie Richard, Evelyne Rognon.

5ème atelier : Comment connaît-on le monde des entreprises ?
Animation : Gérard Grosse et Bernard Kervella. Avec notamment la participation de Giusto Barisi, Olivier Bouba-Olga, Michel Capron, Thierry Méot, Claude-Emmanuel Triomphe.

16h45 - 17h30 : Réunion plénière. Discours de clôture.

Colloque organisé à l’initiative de l’institut de recherches de la FSU et d’Attac avec le Mouvement des étudiants pour la réforme de l’enseignement de l’économie, les associations de professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) et d’économie-gestion (APEG), le mensuel Alternatives économiques, Pekea, la revue du MAUSS, le SNES, le SNESUP, le SNETAP et le SNUEP, et la participation de la Ligue de l’enseignement, Fondation Copernic, CGT

Informations et inscriptions : www.institut.fsu.fr/rencontres.htm

Un après-midi avec Robert Boyer
(31 janvier 2004)
[extraits]

Concernant ma formation, je suis passé par l’École Polytechnique car je me destinais à être physicien et non pas économiste. La physique était la discipline pour laquelle j’avais le plus grand attrait puisqu’elle faisait interagir observation, conceptualisation, théorisation, formalisation et test selon un processus cumulatif. Cependant, en raison de la diminution des crédits dans le laboratoire auquel je me destinais, ce projet a avorté.

Par ailleurs, dans le cadre de mes études à l’École, j’avais suivi un cours d’économie qui m’était apparu spécialement intéressant car il semblait reproduire la même démarche qu’en physique, et ceci a décidé de ma réorientation vers l’économie. En fait, ce cours « à l’ancienne » m’a induit en erreur sur ce qu’était en réalité la recherche en économie : d’abord étaient construits et définis les concepts de base, tout particulièrement ceux de la comptabilité nationale, puis on s’interrogeait sur les méthodes pour procéder à leur mesure, on accumulait ensuite les données statistiques avant de rechercher des hypothèses susceptibles de rendre compte des régularités observées. Bref, l’économie s’inspirait plus de la physique que d’une mathématisation du social, conceptions dont j’ai eu tout loisir de me distinguer ensuite.

Pour comprendre la formation de la théorie de la régulation, il faut ensuite préciser le contexte politique de l’époque. Dans les années soixante et soixante-dix, dans leur quasi-totalité, les chercheurs étaient de gauche, les divisions (nombreuses) entre eux intervenaient entre gauche et extrême gauche. Le discours militant dominant était alors celui du marxisme orthodoxe, qui avançait la théorie du Capitalisme monopolistique d’État (CME). Cette théorie considérait notamment que les subventions de l’État aux grandes entreprises constituaient le seul soutien au capitalisme et que la paupérisation de la classe ouvrière s’était approfondie tout au long des Trente Glorieuses, prolongeant en cela la thèse héritée de Marx de sa paupérisation. Or, pour qui fréquentait les statistiques économiques, il était facile de montrer que ces thèses étaient fausses et inacceptables comme bases d’une recherche économique tant soit peu sérieuse. Il nous apparaissait ainsi nécessaire de construire une théorie alternative, qui permettrait de prendre en compte dans la théorie les changements majeurs intervenus dans les capitalismes après la seconde guerre mondiale.

Le groupe de travail qui a donné naissance à l’école de la régulation s’est au départ constitué de façon informelle. Le plus souvent en dehors des heures et lieux de travail établis, les chercheurs qui travaillaient pour la plupart dans des administrations économiques, organisaient des réunions régulières où chacun faisait part de ses analyses sur les transformations du capitalisme. L’élément catalyseur de la réflexion fut le retour de Michel Aglietta des Etats-Unis où il avait trouvé quantité de travaux et de données originaux sur le capitalisme américain, à partir desquelles il avait pu écrire sa thèse soutenue en 1974. C’est à partir d’un enrichissement de ce travail par la réflexion collective qu’a été publié en 1976 le livre fondateur « régulation et crise et capitalisme ».

Cette recherche livrait des conclusions essentielles :...

Lesquelles ? Pour le savoir, allez à :
http://autisme-economie.org/auteurs/tBoyer.htm

 
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