
Octobre 2005
Le blues des étudiants en économie
2003
Critiques à propos de notre "Petit bréviaire des idées reçues en économie"
Septembre 2001
Fitoussi réhabilite le débat dans les études d’économie
Janvier 2001
Précisions sur l’enseignement de l’économie
2001
Lettre ouverte internationale VF
2001
Vive l’economie politique !
Décembre 2000
La economia de nuestros hijos
Novembre 2000
Rebelión de los alumnos de Económicas en Francia contra la enseñanza "despegada de la realidad"
Juillet 2000
Les étudiants dénoncent l’autisme économique
Juillet 2000
¿Por qué una reforma de la enseñanza de la economía ?
Juillet 2000
Pourquoi une réforme de l’enseignement de l’économie ?
Juillet 2000
La révolte des étudiants
Juin 2000
Les économistes seraient-ils autistes ?
Juin 2000
Echec et maths
Juin 2000
Economie Autiste
Juin 2000
Vives critiques sur l’enseignement de l’économie à l’université
Juin 2000
Edito de Laurent Mauduit
Juin 2000
Politique
L’économie, science autiste ? C’est ce que reprochent de jeunes normaliens à cette discipline. Professeur d’économie, Bernard Paulré les approuve. L’économie s’apparente à une " science autiste " et conduit " à une véritable schizophrénie par rapport au monde réel ". Tel est le constat - " psychiatrique " - dressé par de jeunes normaliens dans une lettre ouverte dénonçant l’excès de théorisation de l’enseignement économique. Diffusé dans les amphis et sur le Web, ce manifeste a déjà recueilli plus de 600 signatures, dont celle de Bernard Paulré, professeur d’économie à Paris 1. L’universitaire a lui-même lancé une pétition auprès de ses collègues afin d’ouvrir le débat.
Les sciences économiques sont-elles enseignées de façon si abstraite ? Une partie de cette discipline repose sur des modèles très théoriques qu’on ne peut condamner d’emblée, car ils posent des questions importantes. Mais nous passons parfois plus de temps à décortiquer une équation mathématique avec les étudiants qu’à mettre le modèle économique en relation avec la réalité. Or nous sommes censés préparés les élèves à analyser une situation du réel et leur faire comprendre comment les concepts peuvent être rendus opérationnels. Il ne faut pas étonnée si, depuis trois ou quatre ans, de plus en plus d’étudiants délaissent la filière économique.
Suffirait-il de réduire la place des maths ? Celles-ci sont parfois utilisées comme une fin en soi, alors qu’elles ne sont qu’un outils. D’où certaines aberrations : un étudiant très bon en maths peut décrocher une note brillante à un examen sans avoir forcément compris les mécanismes économiques en jeux ! L’école française a toujours valorisé les mathématiques au détriment du français, et l’université reproduite malheureusement ce schéma. Les modèles théoriques complexes devraient être réservés aux étudiants de troisième cycle. Il faudrait aussi en finir avec la fragmentation des matières. Pourquoi l’histoire économique n’est-elle pas intégrée dans le cours théorique ? On attend trop souvent de l’élève qu’il fasse lui-même la synthèse.
Propos recueillis par Claire Chartier
Bernard Paulré, professeur d’économie à Paris 1