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Revues diverses

Critiques à propos de notre "Petit bréviaire des idées reçues en économie"

Alternatives Économiques

Ce livre est une sorte d’antimanuel d’économie destiné à l’étudiant et au citoyen. Rédigé par le groupe de jeunes économistes à l’origine du mouvement de contestation de l’enseignement supérieur de sciences économiques qui s’est développé en 2001, il apporte une contribution originale au débat politique sur l’économie. Rôle des prix et des réglementations dans la dynamique du marché du travail, place et rôle de l’Etat, mondialisation, fonds de pension, rôle des marchés financiers, autant de questions traitées dans de cours articles, facile à lire, mais riches en références de qualité.
Doit-on en déduire qu’en fin de compte, l’enseignement reçu par ces ex-étudiants n’étaient pas aussi mauvais qu’ils le prétendaient hier ? A lire ce livre, on serait tenté de féliciter leurs enseignants, sinon pour leur cours, tout au moins, pour avoir réussi à développer l’esprit critique des jeunes qui sont passés entre leurs mains.
Philippe Frémeaux
(n° 213, avril 2003)

Le Monde Économie

Un Scud idéologique
L’heure de la guerre contre l’« économiquement correct » aurait-elle enfin sonné ? Un Scud de bonne taille vient en tout cas d’être tiré sous la forme d ’un ouvrage intitulé Petit bréviaire des idées reçues en économie. L’auteur est un collectif de combat nommé les Econoclastes, soit « un pseudonyme collectif choisi par les auteurs tous issus du Mouvement des étudiants pour la réforme de l’enseignement de l’économie », collectif auquel un certain nombre d’enseignants ayant pignon sur chaire ont bien voulu se joindre. L’objectif affiché est double : faire émerger du sens sur tous les dossiers sensibles où la profusion d’information tue l’intelligence et lutter contre « la vision simpliste de l’économie que peuvent entretenir certains journalistes et hommes politiques (de tous bords) ». L’entreprise est louable et forcément stimulante. Mais elle suppose qu’un raisonnement entièrement dégagé des contingences de l’idéologie soit possible sur des sujets aussi sensibles que l’impôt, les minima sociaux, la mondialisation, la flexibilité du marché du travail, le chômage, la déréglementation, le rôle économique de la Bourse, etc. En d’autres termes, il aurait fallu que ce livre, qui se veut un outil de lutte contre l’idéologie libérale dominante en économie, soit un instrument de déconstruction et de réflexion, et non pas un discours travaillé en sourdine par une autre idéologie. Et c’est là évidemment que le bât blesse. On peut militer pour le maintien de la Sécurité sociale comme service public soumis à cotisations obligatoires, mais affirmer que des gains de productivité ne peuvent être que « ridiculement faibles comparés à l’importance financière des enjeux », ça se discute. Et surtout, ça demande à être prouvé ! Critiquer l’idéologie des fonds de pension pour justifier les retraites par répartition sans vouloir savoir quelles réformes il conviendrait de mettre en œuvre pour dépoussiérer le système de la répartition, réparer les injustices et les inégalités qui s’y sont enkystées depuis cinquante ans, ne rend service à personne.

Bloquer la réflexion
Les accusations contre le rôle « prédateur » de l’Etat sont utilement examinées, tant il est vrai que le consensus qui s’est instauré sur la « baisse nécessaire » des prélèvements obligatoires peut avoir pour conséquence de bloquer la réflexion. Mais justifier le niveau de prélèvements actuel au moyen de raisonnements –du type : les recettes ont des contreparties en termes de dépenses, ces dépenses sont utiles (éducation, santé …), par conséquent les prélèvements sont justifiés …– est un peu court. C ’est aussi oublier que la Cour des comptes offre chaque année un florilège particulièrement horrifiant des gaspillages de l’argent public, que les évaluations des politiques publiques sont encore balbutiantes en France et enfin qu’il est anormal que l’Etat soit le seul acteur économique et social à se soustraire de manière ininterrompue à la règle des économies et des gains de productivité. Multiplier les contre-exemples serait facile, mais sans grand intérêt. Car la démarche de départ de l’ouvrage était pourtant intéressante et juste : il est bon de questionner la vulgate dominante. Il est regrettable par conséquent que ces Econoclastes n’en aient pas profité pour jeter les bases d’une réflexion authentique.
Yves Mamou
(8 avril 2003)

L’Expansion

Fausses évidences
Se lancer dans la démolition d’idées reçues bien ancrées est toujours périlleux. Les jeunes « éconoclastes » se tirent bien de l’exercice. Leurs 22 démonstrations, même si elles pêchent parfois par naïveté, sont convaincantes et entameront les certitudes des plus zélés partisans de la mondialisation libérale.
(avril 2003, n° 674, p. 187)

La recherche

Confronter l’étude des phénomènes économiques aux faits, débats et évènements qui ponctuent la scène sociale et politique : c’est le but que se sont donné les Econoclastes – un collectif d’étudiants en économie – dans ce savoureux livre, pédagogique et incisif, brisant un ensemble d’idées reçues. Loin du formalisme mathématique, l’économie à la portée de tous, du citoyen et du syndicaliste.
(n° 365, juin 2003, p. 23)

Le vif/L’Express

« Feu sur les idées reçues »
Elle n’est plus ce qu’elle a été : l’effondrement de la « nouvelle économie », le krach boursier, les scandales financiers, la chute de la croissance, le 11 septembre 2001 et, peu à peu, l’enlisement en Irak ont eu raison de la « pensée unique ». Cette « visqueuse doctrine » - comme l’a baptisée Le Monde Diplomatique – a pourtant longtemps pu efficacement traduire, en une vraie utopie à vocation planétaire, les intérêts des grands groupes transnationaux.
Au départ, cette « bonne parole » a été confinée à certains cercles intellectuels, officines de réflexion et autres institutions économico-financières. Mais répétées à satiété par des journalistes crédules, des essayistes à l’esprit critique chétif et des responsables aux convictions politiques vacillantes, elle a fini par biaiser notre regard sur le monde. Au point de nous faire croire au bien-fondé d’une vaste entreprise de régression sociale rendant le quotidien éprouvant pour le plus grand nombre.
Ce dogmatisme néo-libéral n’a pourtant jamais été autre chose qu’un bricolage d’idées toutes faites, de clichés, d’assertions grossières, qui, pour l’essentiel, tendaient à faire passer le chômage pour un fait de Nature, la libéralisation pour un mécanisme vertueux et le rejet de l’Etat pour un processus nécessaire, salubre et irréversible. Des idées simplistes, mais dont la faiblesse même a fait le succès en proposant opportunément une grille de lecture facile pour déchiffrer notre globe affolé.
Mettre les sophismes de cette vulgate au clair est une tâche qui se satisfait le plus souvent de la culture de l’honnête homme (Manuel de survie à la pensée unique, Labor / Espace de Libertés). Mais l’éradication de la « pensée unique », née au cœur de la science économique, ne pouvait se passer d’un ébranlement scientifique de ses prétendues évidences : il fallait que des experts de la discipline s’en saisissent et démontrent que, dans l’état actuel du savoir, il n’y a aucun dogme qui vaille.
C’est chose fait avec le Petit bréviaire des idées reçues en économie, publié par les « Econoclastes », pseudonyme collectif d’un groupe issu d’étudiants français en économie révolté contre le manque de pluralisme de son enseignement. Pédagogie convaincante.
Jean Sloover

La Tribune

Des idées reçues en économie
Il y avait déjà eu en 1992, par l’éditeur Syros, un Dictionnaire des idées reçues en économie. Cette fois-ci, c’est un groupe d’étudiants en économie se présentant sous le pseudonyme collectif les Econoclastes qui repart à l’attaque avec un Petit Bréviaire des idées reçues en économie du style « A quoi sert l’impôt négatif » ou « Vers une politique européenne ? ». Derrière cet ouvrage, c’est aussi une réaction d’étudiants qui « entendent montrer que l’étude des phénomènes économiques implique une confrontation permanente aux faits, et aux débats dont les enjeux politiques et sociaux sont trop souvent éludés ».
(le 4 avril 2003)

Le Monde Initiatives

Derrière le pseudonyme "Les Econoclastes" on trouve un groupe d’étudiants en économie qui n’apprécient visiblement pas le fonctionnement du capitalisme et l’idéologie qui l’accompagne. Ils s’insurgent donc contre les arguments qui poussent à privatiser les services publics, à déréglementer, à considérer les minima sociaux comme "désincitant" au travail, à abaisser les cotisations sociales... Vingt-deux thèmes font ainsi l’objet d’analyses économiques souvent judicieuses et parfois un peu trop à sens unique.
(Avril 2003, p. 26)

Œil Électrique

Œuvre d’un collectif d’économistes issus notamment de Normal’ Sup, ce « bréviaire » a pour ambition de traduire l’économie dans des termes accessibles au plus grand nombre, sans pour autant cautionner la vision simpliste qu’entretiennent certains journalistes et hommes politiques.
« La privatisation des services publics est une nécessité », « la mondialisation économique est un phénomène naturel », « les charges sociales sont l’ennemi de l’emploi »... Toutes ces thèses dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée sont ici illustrées par des citations tirées de divers médias ou rapports « officiels », puis démolies en quelques pages.
La lecture est parfois un tantinet ardue, mais les termes sont parfaitement expliqués et on finit par comprendre pourquoi le RMI n’encourage pas la paresse, pourquoi la capitalisation ne sauvera pas les retraites, pourquoi les impôts n’ont pas un effet automatiquement négatif sur la croissance. Cette fameuse croissance du PIB ne mesure d’ailleurs rien de pertinent, comme nous le rappelle un chapitre très bien fait.
On comprend clairement pourquoi le chômage est aggravé par la lutte contre l’inflation mise en place par les institutions financières internationales, et comment le taux de chômage américain est contenu par des salaires de misère.
Bref, une lecture qui peut s’avérer fort utile pour opposer des arguments convaincants aux partisans d’un gouvernement lancé dans une vaste opération d’élagage du régime des retraites, de l’assurance chômage, de l’éducation nationale et du RMI. Avec les meilleures intentions du monde, cela va de soi.
Martin Granger
(Rentrée 2003)

Le Monde Diplomatique

Après un manifeste remarqué contre l’orthodoxie néoclassique de l’enseignement économique, les étudiants et enseignants rassemblés dans le collectif Les Econoclastes publient un ouvrage destiné au grand public. En une série de textes courts, les auteur(e)s démontent pédagogiquement les principales idées reçues de la doxa libérale : les « nécessaires » privatisations, les fonds de pension qui doivent « sauver nos retraites », la glorification de la Bourse, le « poids » de l’Etat, les minima sociaux et la « désincitation » au travail, les « vertus » des plans d’ajustement structurel. On regrettera que seules des références économiques soient mobilisées, alors que la pluridisciplinarité, notamment le recours à la sociologie, est l’une des revendications portées par ces « éconoclastes ».
Paul Lagneau-Ymonet
(Mai 2003, p. 30)

Charlie Hebdo

J’ai eu tort de ne pas parler (plus tôt) des Econoclastes. Les éconoclastes sont des élèves de Normale sup, auxquels se sont acoquinés deux ou trois profs du supérieur. Les élèves de Normale avaient lancé, il y a plus d’un an, un mouvement sur l’ « autisme en économie », critiquant violemment l’enseignement de l’économique à l’université. A la suite de leur coup de gueule, Fitoussi avait fait un rapport sur l’enseignement économique, disant qu’il y avait du bon et du mauvais, quoique parfois du mauvais et du bon. On imagine mal la coupure totale existant entre l’enseignement de l’économique dans le secondaire (à peu près cohérent et honnête) et celui du supérieur (totalement soumis à la dictature microéconomique). Leur bouquin, qui vient de sortir à La Découverte, dérouille bien l’idéologie libérale (sur la Bourse, le marché du travail, etc.) sur des bases factuelles. Quand tous ces gamins seront profs de fac, ils changeront leur fusil d’épaule. Mais, d’ici là, grâce à Ferry, l’université aura disparu.
Oncle Bernard
(n° 568, 7 Mai 2003, p. 5)

Le Nouvel Économiste

L’économiquement correct sous le feu de la critique
Un groupe d’étudiants, les « Econoclastes », se lance à l’assaut des certitudes en matière économique. Retraites, démographie, rôle excessif de l’Etat, mondialisation : tout y passe. Incisif, efficace, mais parfois excessif.
Il y a trois ans, un groupe d’étudiants et d’enseignants lançait un appel à la réforme de l’enseignement de l’économie, trop dépendant à leurs yeux du modèle néo-classique. Il y eut un contre appel puis le rapport de Jean-Pierre [sic] Fitoussi sur le sujet, puis rien, il semblait qu’on allait en rester là. Comme pour illustrer de façon pratique leur démarche désormais ancienne, les signataires de l’appel, se désignant désormais sous le nom d’ « éconoclastes » publient un petit livre au titre évocateur : Petit bréviaire des idées reçues en économie. Leur but est, en abordant les principaux problèmes du moment, de souligner que les réponses qui y sont apportées ne sont pas les bonnes, car elles s’inscrivent dans la logique d’un libéralisme sans subtilité. Constitué de contributions de plusieurs auteurs, le livre est par construction divers et inégal.
C’est ainsi qu’il faut lire la remarquable contribution de Bernard Guerrien sur l’endettement public. D’emblée il rappelle que nos décideurs qui, pour justifier la limitation de la dette à un niveau prédéfini (60 % du PIB selon le Pacte de stabilité européen), invoquent la nécessité de ne pas transmettre un fardeau trop lourd aux générations futures feraient bien de relire les économistes anciens, qui avaient déjà dénoncé le caractère de fausse évidence d’une telle assertion. En effet, Jean-François Melon, un économiste du début du XVIIIème siècle, déclarait déjà que, par la dette publique, le pays emprunte à lui-même et si la rémunération de la dette a un coût, elle rapporte également à ceux qui l’ont souscrite. Par-delà son strict contenu, cet article montre que le problème de l’économie politique est moins son parti pris initial qui serait erroné – idée qui sous-tend la démarche initiale des éconoclastes – que la méconnaissance de ceux qui s’y réfèrent.
L’analyse de Marx selon laquelle « la véritable barrière de la production capitaliste, c’est le capital lui-même » n’a jamais été aussi actuelle. Plus grave, le contenu de la croissance est de moins en moins source de bien-être. (Extrait, page 209)
Autre exemple, en pleine actualité, celui du dossier des retraites. Le rédacteur de l’article montre que le discours sur l’opposition répartition – capitalisation n’a pas de sens économique : chaque système correspond à un prélèvement sur la production au profit des personnes inactives du fait de leur âge et la nature juridique de ce prélèvement (cotisation en cas de répartition, dividende en cas de capitalisation) n’a pas d’influence sur la réalité économique. Il montre de même que l’indexation des retraites sur les prix et non sur les salaires et leur productivité a pour conséquence d’exclure sans raison valable la population âgée des bénéfices de l’expansion à venir. On reste néanmoins un peu sur sa faim sur un sujet où les passions sont en train de s’emporter.
C’est d’ailleurs le défaut général du livre. Si le parti pris de ne pas accepter sans remise en cause les politiques économiques actuelles est intéressant, la systématisation et l’excès de la critique finissent par se retourner contre les auteurs. Gardons le sens du doute inhérent à leur démarche et exerçons-le vis-à-vis de tous, éconoclastes compris…
Mathieu Adenil
(6 juin 2003)

LMDE Campus et Zurban (Revue de La Mutuelle Des Étudiants)

Récidivistes
En 2000, ce collectif d’étudiants en économie de l’École normale supérieure pointait dans un manifeste les écueils de l’enseignement de l’économie (absence de pluralisme et mathématisation excessive). Aujourd’hui, ils s’attaquent aux idées reçues en économie. Fonds de pension et retraites, services publics ou privés, protection sociale et chômage... rien ne résiste à leurs analyses établies à partir des faits. Et en plus, c’est suffisamment bien écrit pour être lu pendant les vacances sans se prendre la tête. Les Econoclastes, La Découverte, 16 euros.
_(été 2003)

Commerce international

A l’origine de cet ouvrage collectif se trouve la contestation de fond d’un groupe d’étudiants en économie qui, désemparés par l’obscurantisme du discours officiel – souvent relayé par les politiques –, a vigoureusement réclamé le bon et strict usage de l’économie quand il n’a pas dénoncé ses ambiguïtés. Moins de dogmes donc, plus de faits, et l’ouverture du débat, de la controverse. On en redemande.
(n° 16)

 
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