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Revue de l’IRES

Réduction du temps de travail et emploi : une nouvelle évaluation

La problématique de ce travail ne saurait être mieux introduite que par cet extrait d’un article de deux journalistes du Monde (Le Boucher, Malingre, 2002) : « Depuis l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon, la France a créé près de 2 millions d’emplois et remis au travail 926 000 chômeurs (…) sur ces 2 millions d’emplois créés, plus de 1,5 million l’ont été dans le secteur marchand (…) La vigueur de la création d’emplois par les entreprises est venue de la conjonction de trois éléments : une croissance forte (3,3 % en moyenne de la mi-1997 à la fin 2000, contre 1,9 % dans la première partie de la décennie), les 35 heures, et ce que les économistes nomment "l’enrichissement de la croissance en emplois". Selon Jean Pisani-Ferry, qui développe cette thématique dans son livre La Bonne Aventure, sur les 400 000 emplois privés créés en moyenne par an de 1997 à 2000, 250 000 sont venus du regain de croissance, 60 000 des 35 heures et 100 000 de l’effet "enrichissement" ». Les créations d’emploi en France depuis quatre ans constituent effectivement un record absolu dans l’histoire économique de notre pays. L’emploi a augmenté de 7,2 % entre 1997 et 2001. On n’avait jamais enregistré au cours du XX è siècle semblable progression sur quatre années consécutives : 4,1 % entre 1968 et 1972 et 3,8 % entre 1986 et 1990. Ces performances exceptionnelles constituent donc un passionnant problème d’économie politique, et de leur interprétation découlent logiquement des recommandations pour la politique de l’emploi. En tant qu’objet d’étude, cette période tranche très nettement par rapport aux années antérieures, marquées par la résignation au chômage de masse et à la « fin du travail » ; elle présente aussi – malheureusement – l’avantage de représenter sans doute un épisode circonscrit dans le temps, comme le laisse à penser le retournement récent des indicateurs conjoncturels. Cet article cherche d’abord à montrer que ces exceptionnelles performances d’emplois sont à mettre au crédit de la réduction du temps de travail (RTT). Il montre ensuite pourquoi le pessimisme des maquettes théoriques a été invalidé, et pourquoi l’effet différé des baisses de charges ne peut constituer une explication alternative.

 
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