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18 juillet 2007

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18 mars 2009
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Parue dans Libération (02/07/07)

Les étudiants en économie s’ennuient !

Pétition pour la réforme de l’enseignement supérieur en économie

7 ans après la première lettre ouverte et le rappport Fitoussi, force est de constater que rien n’a changé. L’enseignement reçu ne correspond toujours pas aux attentes des étudiants. A l’heure de la "réforme des universités", il est nécessaire de s’interroger sur le contenu de l’enseignement prodigué. Nous proposons donc quatre pistes de réformes.

La création en grande pompe de l’ « Ecole d’Economie de Paris » (où certains auteurs de cette lettre ouverte étudient) et le débat actuel sur l’enseignement ne saurait faire l’impasse d’un débat de fond concernant la place des sciences économiques dans l’enseignement supérieur.
En juin 2000, des étudiants en économie affirmaient leur mécontentement quant à la façon dont était enseignée l’économie dans l’enseignement supérieur en France. Une première lettre ouverte avait débouché sur l’élaboration puis la publication d’un rapport officiel de M. Jean-Paul Fitoussi. Ce dernier comportait des propositions intéressantes comme la nécessité de la confrontation des théories aux faits. Aujourd’hui, force est de constater qu’aucune réforme n’a été mise en œuvre depuis. L’enseignement dispensé ne correspond toujours pas à nos attentes. C’est pourquoi nous souhaitons rouvrir le débat sur l’enseignement de l’économie. Voici les différents points qui suscitent notre mécontentement.

La formalisation dans les cours d’économie nous semble excessive et peut empêcher la compréhension du monde qui nous entoure. Il ne s’agit pas ici de dénoncer l’apprentissage des mathématiques, tant il semble évident que la compréhension de la plupart des théories économiques nécessite la maîtrise d’un certain nombre d’outils techniques. Le problème qui se pose est la place qui leur est consacrée dans le cursus universitaire, la maîtrise des mathématiques devenant une fin en soi alors même qu’elle devrait seulement servir à la compréhension de concepts économiques. Cet excès de formalisation dès la licence est d’ailleurs spécifiquement français, l’enseignement en économie dans le reste du monde (dans les pays anglo-saxons notamment) n’étant que peu ou pas formalisé lors des premières années d’université. Il est de plus l’un des facteurs du désintérêt d’un certain nombre de bacheliers, notamment ceux titulaires d’un bac Economique et Social, pour la filière économique à l’université. Mais aussi d’abandons au milieu du cursus d’un certain nombre d’étudiants. Nous réclamons donc un rééquilibrage des enseignements en faveur d’une explication plus intuitive des concepts issus des différentes théories économiques.

Les enseignements n’ont pas vocation à reproduire la domination exercée par la théorie néoclassique (individu rationnel et « maximisateur »…) dans le champ académique. En effet, l’économie est une science sociale. A ce titre, elle ne peut que s’enrichir de la confrontation des différents systèmes de pensées. Ainsi, nous souhaitons que chaque théorie soit présentée de façon équitable et qu’il ne soit pas accordé de prééminence à l’une d’entre elles, afin de permettre aux étudiants de faire preuve d’esprit critique.

Par ailleurs, il faudrait permettre aux étudiants d’inscrire l’économie dans un contexte plus large à travers un enseignement pluridisciplinaire. Pour mesurer toute la portée du champ économique, il est nécessaire d’acquérir des notions précises sur l’histoire des idées, les données institutionnelles, les facteurs sociologiques avec lesquels cette discipline est sans cesse en interaction (comment parler du chômage sans évoquer son aspect social ? comment étudier la concurrence sans avoir des notions de droit ?...). Cette approche est développée avec succès dans les cours de sciences économiques et sociales au lycée. Si la réforme LMD a institué une certaine pluridisciplinarité, c’est en renonçant à la cohérence des cursus et en remettant en cause le cadre national des diplômes. L’apport d’autres sciences humaines et sociales ne peut pourtant qu’être bénéfique à la compréhension des phénomènes économiques.

En conséquence nous proposons donc quatre pistes de réformes :

- Une formalisation qui ne soit plus une fin en soi.
- Une confrontation plus importante des théories aux faits.
- Une présentation plus équilibrée des différentes théories économiques dans les premières années de cursus universitaire.
- Une approche de l’économie plus transversale.


157 Signatures

Date Nom Message
10 octobre 2013 arslan
10 octobre 2013 Peretz
www.citoyen referent
Intéressant cette fronde. Votre façon de voir l'Economie,avec l'idée que l'étudier autrement lui redonnerait un meilleur sens (commun), est particulièrement intéressante. Par ailleurs, y a-t-il, à votre connaissance, un économiste qui l'aurait enseignée sous l'angle des systèmes et ses lois ?
10 octobre 2013 Romain En première année d'éco-gestion, passionné d'économie depuis quelques années, à deux doigts de la nausée par la filière suivie...
10 octobre 2013 Moutonnoir étudiant en AES, j'ai eu la chance d'avoir des professeurs ouverts et qui sont allez au delà des théories économiques, et qui nous expliquez chaque conséquence sur la Société. Arretons de mettre l'homme au Service de l'économie, mais que l'économie soit au service de l'Homme, de l'environnement, du développement social et international
10 octobre 2013 thomas weber
10 octobre 2013 Vincent Haar Ancien étudiant en AES. Passionné par l'économie grâce à un prof de SES éclairé, dégoûté à cause de profs de fac limitant l'économie à des équations sans les confronter à la réalité visible.
10 octobre 2013 azazel CA SUFFIT ! STOP ! il faut arrêter avec la science économique ultra-formalisée, inbuvable et inintéressante, dispensée à l'université. Doctorant en économie, je trouve que les études supérieures en économie n'apportent rien, aucune ouverture sur le monde. Heureusement pour moi, j'ai eu la chance de suivre un cursus AES beaucoup plus ouvert (gestion, droit, sociopsychologie, en plus de l'économie !) et je me suis passionné pour d'autres disciplines universitaires en sciences humaines et sociales (psycho, socio, droit, philo, sciences po,...). A QUAND UNE LICENCE PLURIDISCIPLINAIRE de SCIENCES SOCIALES ?
10 octobre 2013 Antoine J'adhère à vos idées, cet enseignement de l'économie et en particulier de la microéconomie ne semble pas permettre de répondre aux problématiques concrètes. De plus certains postulats de la théorie néoclassique en microéconomie, même les plus basiques, me semblent éronnées. Elle veut étudier l'individu parfois au dela de sa sphère en étendant l'économie à d'autres dimensions de l'individu. Ainsi, "la maximisation du bien etre" ne viendrais que de la consommation d'un bien ou d'un service". Ben voyons... belle manière de nier d'autres sciences sociales et surtout de nier la psychologie humaine. Concernant la macroéconomie, cela est différent, bien que la théorie néoclassique soit contestable, cependant la microéconomie va parfois trop loin et surtout, elle pourrait s'expliquer littérairement tout en restant juste.
10 octobre 2013 AUDREY Ancienne étudiante en DEUG d'économie-Gestion,après un BAC ES , dégoutée des études d'économie à cause de la prépondérance des cours de maths sur toute autre matière, et par l'orientation exclusivement néoclassique du peu de cours d'économie que l'on dispense dans cette filière.
1er janvier 2009 nicolas cogan
23 novembre 2008 Deedee Je suis totalement d'accord avec ce mouvement, moi-même j'ai eu un bac S et je suis en L2 éco et lorsque je fais mes exos de microéconomie je me demande bien est-ce qu'un chef d'entreprise a besoin de tout ces calculs pour faire du profit etc... mon grand-père était chef d'entreprise et il n'a même pas eu son son bac voire une licence d'économie. Cette année mon pro d'analyse éco des finances publiques nous a dit dès le 1er cours que ce cours ne nous servirait à rien dans une entreprise mais nous aiderait à savoir ce que c'est que d'étudier dur. Enfin bref en m'inscrivant en économie je pensais qu'on aurait des choses qui nous serviraient vraiment dans notre vie professionnelle et je me suis trompée, dommage.
19 novembre 2008 Uwe Spanger
8 novembre 2008 Kretzschmar Paul Bonjour, je suis un étudiant en économie passionné par son domaine. Je dois malheureusement à l'université de m'avoir à la fois désorienté, blasé et dégoûté, après plusieurs années de cours où : -les enseignants "démolissent" dans leurs cours les théories qui nous sont enseignées dans les autres cours, et vice versa (si si). L'économie est utilisée à des fins idéologiques, comme s'il était possible de lui faire dire n'importe quoi. -les théories nous sont enseignées très souvent sans aucun souci de leur pertinence ou de la morale (on nous a enseigné que les pays pauvres étaient pauvres et les femmes moins bien payées car moins intelligents en moyenne) Voilà. En somme, l'économie que l'on nous enseigne, c'est du grand n'importe quoi, pour notre plus grand désarroi. Que faire ? A l'aide!
25 octobre 2008 Marion Pradié
28 septembre 2008 lou
14 septembre 2008 liveandletlive Je suis heureux de voir qu'il existe un mouvement qui défend des idées comme ça !! J'étais étudiant en économie et bien que c'était intéressant sur certains points, ça restait très théorique, et on ne comprenait pas les vrais enjeux qui étaient en cause. C'est pourquoi je me suis dirigé vers une école de commerce en 3 ans. Je ne sais pas si ce choix est judicieux, mais en tout cas je compte continué sur un master d'économie après, pour compléter mes connaissances, et ne pas rester sur l'enseignement qui est peut-être trop restreint et orienté (politiquement) en école de commerce. Toutefois félicitation aux créateurs du mouvement, je les soutiens entièrement. Étudiant à l'EGC Savoie.
28 août 2008 phailaippe Cela fait longtemps que j'aurai dû vous rejoindre! Pendant toute mes études d'économie j'ai pensé comme vous. Je suis prof de SES depuis 1 an et je vous soutient à fond. J'espère bien pouvoir contribué à faire changer d'orientation la fac d'éco de Strasbourg, où j'ai "étudié".
15 août 2008 Karim
Exposition d'une innovation en Théorie de la croissance optimale
Je propose d'inviter les intéressés par l'enseignement en Economie, à lire une innovation en théorie de la croissance optimale. Il s'agit de résoudre un programme d'optimisation (formulé différemment de l'ancien.) Celui-ci débouche sur des résultats que les étudiants de Master seront capables de juger par eux-même. Il apporte beaucoup de compréhension en Economie et il est une partie de pure mathématisation de la science. Il est mis à disposition librement, avant une parution officielle un jour.
30 juin 2008 Astride
6 juin 2008 Yewy Tan
5 juin 2008 dogbreath c'est bien tout ça les amis. enfin...ou est-ce qu'on trouve le rapport Fitoussi??? "let th chips fall where they may"
7 mai 2008 BoL_2_RiZ Non à la suppression de la formalisation, mais oui en pour aller au-delà. Connaître parfaitement la théorie économique pour mieux la détruire.
6 mai 2008 anto1
9 avril 2008 Christophe Crepain
24 mars 2008 Hélène Lourenço
7 mars 2008 Ricardo je voudrai lire le rapport Fitoussi, oú est disponible?
3 mars 2008 Grégoire Duconseil
2 mars 2008 Yann Remettre en question la mathématisation, c'est remettre en question l'utilisation des concepts de l'utilité et, en conséquence, de l'équilibre général intertemporel. Comme disait quel qu'un il y a longtemps: Pour pouvoir connaitre les préférences d'un chien, il faut étudier la nature du chien. La nature en soi, mais aussi la "nature" dans ses mouvement et variations historiques. C'est de cette étude que nous avons besoin pour comprendre l'actualité!
1er mars 2008 néant C'est quoi cette attitude qui consiste à effacer les commentaires des gens avec les quels vous êtes pas d'accord. On se croirait en URSS (la bas, ils les tuaient).Reclamez de la pluralité sans la vouloir!
24 février 2008 pô ! c'est totalement par hasard que je viens de découvrir votre mouvement, dont je n'avais jamais entendu parler... et purtant je suis étudiante en économie...
18 février 2008 astrea04
15 février 2008 gratin2000 Il serait peut être intéressant d'analyser cette mathématisation comme un moyen de sélection à l'entrée de l'Université. Etudiante en économie à Toulouse
13 février 2008 Anya Bellali
10 février 2008 BoiTenCartoN Je vous félicite pour cette initiative porteuse d'espoir qui dénonce enfin les dérives de l'enseignement en l'économie. Au sortir d'un Bac ES, il est vraiment choquant de découvrir une science orthodoxe et formalisée, coupée de ses liens avec les autres sciences humaines,et presque exclusivement fondée sur les théories néoclassiques et cet individualisme méthodologique répugnant qui en découle. En outre, la tendance consistant à effectuer la synthèse entre microéconomie et macroéconomie est à la limite du ridicule, lorsqu'on s'attarde sur la pertinence de certains postulats en microéconomie. Le paroxysme reste d'entendre un prof de microéconomie fanatique vous assainer qu'il faudrait supprimer le Bac ES tellement il est nuisible pour l'enseignement de sa discipline puisqu'il n'a dispensé aux lycéens que des cours d'"histoire de l'économie les rendant incapable de comprendre les véritables théories économique". Combattons le formatage et la pensée unique dans lesquels on nous enfonce. Encore bravo. Etudiant à Sciences Po Strasbourg.
5 février 2008 nava
31 janvier 2008 nefelli les hypothèses contradictoires dans les modèles sont hallucinantes...
31 janvier 2008 Pierre Cleuziou Pour avoir suffisamment essayer d'assimiler des théories basées sur les hypothèses les plus fantasques et où seuls les résultats obtenus compte, je signe bien volontiers cette pétition.
30 janvier 2008 vassily pigounides ouais !
22 janvier 2008 Gilles BAUDOUIN Une théorie qui ne prend pas en compte la réalité et qui ne l'explique pas est une croyance.
10 janvier 2008 Mounir
20 décembre 2007 Rémi
13 décembre 2007 Emmanuel Ruzé
http://crg.polytechnique.fr/home/ruze/FR
J'approuve totalement ce mouvement, étant passé par le DEA Economie des institutions qui fait une part belle à l'hétérodoxie. Il ne faut pas désespérer, vous avez des soutiens ailleurs : dans la recherche en gestion, confronter plusieurs théories économiques aux faits est un passage obligé lorsqu'on se pose des questions de cette nature.
12 décembre 2007 Scott Enfin des gens qui pensent comme moi. Je vous avoue que je commençais a me sentir seul dans ma 3eme année d'Eco. Trop de maths, de préposés ''L'entreprise n'a pas pour but de faire du profit dans notre modèle...'' Tout ça j'en peux plus ! Sauvez moiiiii
12 décembre 2007 Matthieu
Matthieu Lasvènes, engagé pour la transformation de la société
3 décembre 2007 Chloé_Canet
30 novembre 2007 mathilde marechal
25 novembre 2007 Félix
16 novembre 2007 Roger LAMY
lamco
Je suis tombé par hasard sur votre site. J'ai déjà imprimé une dizaine de textes qui m'apparaissent fondamentaux. Sur le financement des retraites par répartition, par exemple, sur la compétitivité ... etc Vos textes ne sont pas à lire, mais à décortiquer (identifier les concepts) et à mémoriser. On se sent plus fort, après car on finit par comprendre ce qui paraissait confus depuis si longtemps. Roger LAMY
10 novembre 2007 baboo alors la j'adhère à 300%,et vive la solidarité
8 novembre 2007 françois sorin éducateur spécialisé intervenant auprès de publics "défavorisés", appliquant quotidienement des pansements sur des fractures ouvertes, je trouve la cause de ces blessures dans l'organisation de notre société, organisation découlant de choix politiques et n'ayant rien à voir avec la fatalité. les politiques économiques conduites dans ce pays sont, je l'affirme, à l'origine des situations de souffrance et de précarité qu'il appartient aux services socia&ux de gérer, comme ils peuvent, et discrétement de préférence. l'action sociale tel que je la conçois passe par une remise en cause des dogmes économiques qui régisse notre organisation sociale. cette réflexion doit être rendu possible pour NOS étudiants en économie. je soutiens en tant que professionnel du secteur social votre action.

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