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Compte-rendu

Rencontres nationales sur l’enseignement de l’économie

et l’information économique aux citoyens

Le 26 avril dernier s’est tenu à la Sorbonne le premier colloque sur la formation et l’information économique des citoyens. Ces rencontres nationales sont le fruit de l’écho trouvé par le Mouvement des étudiants en économie auprès du principal syndicat enseignant, la FSU, et de l’organisation d’information citoyenne ATTAC. C’est suite à une invitation de la FSU et d’ATTAC à exposer les problèmes soulevés par le mouvement des étudiants que l’idée de l’organisation commune d’un colloque a émergé. En effet, la réflexion sur l’enseignement de l’économie dans le supérieur n’est pas isolable d’un questionnement plus vaste, notamment :
- quelle formation pour les « experts » économistes ? (dans les banques, les administrations, les ministères) ;
- quelle information économique donc pour les non experts, les citoyens ?
- quelles formations économiques pour les élèves du secondaire, toutes filières confondues ? Il est à noter que les séances de préparations du colloque ont réuni des professeurs d’origines diverses : sciences sociales et économie-gestion, mais aussi technologie, filière générale et filière technique, et qu’un effort de synthèse des contenus des enseignements d’économie dans les formations secondaires a été réalisé. L’université ne peut faire totalement abstraction de ces bases existantes.
- sur un plan plus épistémologique : l’économie doit-elle poursuivre son autonomisation forte ou bien la pluridisciplinarité est-elle souhaitable ?

La structure du colloque a essayé de refléter la diversité de ces pistes de réflexion. La matinée était ainsi consacrée à deux « tables rondes », dont l’objectif était de recueillir les points de vue, éventuellement contradictoires, de personnes engagées dans une réflexion sur les thèmes proposés, l’enseignement de l’économie dans le supérieur et l’information économique des médias, puis d’établir un dialogue entre la salle et ces intervenants. L’après-midi, étaient organisés en parallèle des « ateliers » qui permettaient aux participants, réunis en plus petits groupes, d’échanger réflexions et expériences sur les thèmes suivants : la formation citoyenne (atelier animé par Régine Tassi, d’Attac, et Edwige Corcia, du SNES) ; l’enseignement dans le secondaire (Georges Ortusi et Yves Baunay) ; les liens entre l’économie et les autres sciences sociales (Pascal Combemale, professeur de SES, et Christian Laval, sociologue à l’institut de recherche de la FSU).

La participation au colloque a été importante, puisque plus de 200 entrées ont été enregistrées. Sachant que pour couvrir certains frais du colloque (retranscription des interventions et édition d’annales notamment), un droit d’entrée avait été décidé (5 euros), cela n’en est que plus méritoire.

Nous ne reprenons pas ici longuement les introductions de Christian Laval et René Passet, disponibles in extenso sur le site de la FSU consacré à ces journées, où on trouvera également le contenu des tables rondes, de même que les conclusions des ateliers. Disons simplement que Christian Laval a rappelé l’enjeu pour la démocratie de l’accès des citoyens aux connaissances économiques et sociales, tandis que René Passet, auteur « évidemment » inconnu des étudiants en économie qui ne risquent guère de croiser ses écrits dans leur cursus, a notamment rappelé la nécessité d’ « ouvrir les fenêtres du couvent Ste Économie ».


La première table ronde avait pour thème : « L’enseignement de l’économie à l’université : de la parole aux actes ? » et réunissait Antoine d’Autume (professeur à Paris I), Michel Vernières (professeur à Paris I et auteur du premier rapport sur l’enseignement de l’économie dans le supérieur), Dominique Plihon (professeur à paris XIII), Gérard Grosse (professeur de SES) et Gilles Raveaud (thésard en économie, membre d’Autisme-Economie). Jean-Paul Fitoussi a du annuler sa participation pour raison de santé. Cette table était animée par Christian Chavagneux, le mensuel Alternatives Économiques étant partenaire de ces rencontres.

Gérard Grosse a introduit la discussion en rappelant les résultats du questionnaire qui avait été transmis aux lycéens et étudiants. Rempli par 1584 personnes, il révèle la faible « valeur ajoutée » des études supérieures en termes de transmission de connaissances, le score moyen des étudiants de DEUG étant de peu supérieur à celui des élèves de lycée. Plus grave en un sens, ce questionnaire a révélé que si les définitions des concepts de base sont assez bien connues, l’histoire économique et sociale n’est pas maîtrisée (seul un tiers connaît la date de création du salaire minimum en France, que nous ne ferons pas l’affront au lecteur de rappeler). Pire encore, ce sont les mécanismes qui semblent les plus ignorés, ce qui interroge sur la capacité des enseignants, tant dans le secondaire que dans le supérieur à faire comprendre à leurs élèves comment les choses se passent. Ainsi, seule une courte majorité des répondants sait qu’un euro fort est défavorable aux exportations européennes (puisque leur prix augmente, ce qui réduit d’autant la demande des consommateurs étrangers). Quel est alors le sens pour eux des valeurs des taux de change, par exemple Euro / Dollar, qu’ils entendent à longueurs de journées ?

Introduisant la table ronde proprement dite, Michel Vernières a insisté sur les finalités de la formation économique à l’université. On ne peut dispenser un enseignement orienté uniquement vers la recherche alors que ce débouché concernera au final très peu d’étudiants. Il doit au contraire être articulé autour de 3 piliers : l’accumulation de pensées ; l’histoire des faits ; l’acquisition de techniques. L’articulation avec la gestion et le droit, disciplines connexes à l’économie, lui semble être un gage d’ouverture de la discipline tout en apportant une culture économique solide aux étudiants. Mais si l’articulation avec la gestion existe de plus en plus, celle avec le droit a disparu des facultés de sciences économiques. Il a de plus pointé le fonctionnement de la carrière universitaire, exclusivement centré sur les publications, qui fait que seules les « andouilles » se consacrent sérieusement à leurs cours. Enfin, il nous a annoncé en exclusivité… la commande par le ministère d’un nouveau rapport sur l’enseignement supérieur. Chouette ! Un de plus !

Lui-même une « andouille », selon Christian Chavagneux, Gilles Raveaud a d’emblée rappelé les enjeux du problème : de nombreux enseignants du supérieur ont soutenu les revendications des étudiants, au moins en grande partie, un rapport a été rendu (celui de M. Fitoussi), et pourtant, aucune évolution sérieuse n’est proposée par ces mêmes enseignants. Pourquoi ?

Antoine d’Autume a exprimé son désaccord avec le panorama dressé. Si l’université était telle que les pétitions étudiantes l’ont décrite, il partagerait complètement notre avis d’un changement important nécessaire. Mais selon lui, la confrontation des modèles aux données empiriques existe bel et bien (l’exemple du manuel d’économie du travail de Pierre Cahuc et André Zylberberg a été donné), et les enseignants établissent des liens entre les théories enseignées et l’histoire économique. Nous sommes donc d’accord avec Antoine d’Autume si l’université qu’il décrit existe mais… nous ne l’avons pas encore trouvée ! Il a également souligné la nécessaire acquisition d’outils théoriques dans les premières années, les inévitables « détours » qu’une réflexion scientifique impose, qu’il a opposée à la tentation de facilité qu’il y a à vouloir traiter directement des sujets généraux et complexes. Il faut selon lui « se méfier du sensationnalisme » : si le dernier livre de Stiglitz est bien, selon lui, à conseiller aux étudiants, cela ne doit pas les dispenser de lire ses articles théoriques ! Avis que nous partageons là encore, sauf que dans l’enseignement, les théories ont souvent pour substitut des petits modèles épars, dont l’accumulation forme un magma bien peu rigoureux sans beaucoup de rapport avec une réelle théorie.

Pour Dominique Plihon, l’absence de remise en cause de l’institution universitaire a deux sources : les intérêts économiques, qui font pression sur les ministères pour que rien ne change, et le conservatisme des enseignants. Il pense malgré tout que la pression des étudiants permet que « ça bouge un peu ». Il rejoint Michel Vernières sur le « manque de lisibilité » de la faculté de sciences économiques, qui ne répond pas, selon lui, à la demande sociale. Il plaide donc pour une formation plus généraliste, en continuité avec la formation de Sciences Économiques et Sociales dispensée au lycée, qui fasse toute leur place aux différents paradigmes, notamment les hétérodoxies keynésiennes, post-keynésiennes, et marxistes. Selon lui il faut donc « enseigner les débats », et ce dès le début de la formation, puisque plusieurs regards sont possibles sur l’entreprise, la mondialisation, etc.

Le dialogue avec la salle a surtout porté sur :
- la difficulté d’articuler l’enseignement secondaire des SES et la filière économie à la faculté ;
- les problèmes plus spécifiques de l’université, souvent second choix pour les bacheliers ;
- le degré de sélectivité des études supérieures ; l’introduction de plus de réflexion et d’articulation entre les cours, susceptible d’augmenter la sélectivité des cursus (ex. : l’exercice de la dissertation étant réputé plus socialement sélectif que, disons, un exercice de statistiques).
Mais au total, sur les propositions concrètes d’amélioration de l’enseignement, chacun est resté sur sa faim.


La seconde table ronde abordait la question suivante : « quelle information économique pour le citoyen » ? et concernait l’accès à l’information économique des citoyens au travers des médias.

Parmi ces médias, la presse décrite était largement représentée : Martine Orange (section Entreprises du Monde), Philippe Frémeaux (Alternatives Économiques), Serge Halimi (Monde Diplomatique), Bernard Maris (Charlie Hebdo) et Nicolas Prissette ( La Tribune). La radio était tout de même représentée par Jean-Louis Gombeaud ( chronique économique sur Europe 1). La table était animée par Thomas Coutrot (économiste-statisticien à la DARES).

Deux problématiques semblent avoir émergé sans vraiment se croiser : d’une part, la question des contraintes économiques (la dépendance à l’égard de grands groupes, de la publicité etc.) qui pèsent sur le contenu de l’information (oui ou non et dans quelles conditions ?) ; et d’autre part, la question de la « vision économique » des journalistes, de leurs grilles d’interprétation de la réalité qu’ils doivent commenter.

Philippe Frémeaux a commencé par dresser un panorama sociologique très complet de l’offre existante en matière d’information économique, en montrant l’articulation étroite entre nature de l’offre, contenu de l’information, et segmentation de la demande. Il a par exemple montré la différence existant entre ce qu’il a appelé la presse « militante pro-business » (par ex. L’Expansion) et celle qui « rompt avec la connivence avec l’entreprise » (Capital et Challenge), adoptant le point de vue du lecteur et traitant de débats macro-économiques. Concernant les quotidiens, il a souligné à quel point leur lecture pouvait être « perturbante », quand, dans le même numéro du Monde, on trouve une critique de la pression des marchés financiers sur l’action du gouvernement, l’explication de la nécessité de « dégraisser » dans un groupe économique et une note sur le choix de la meilleure SICAV pour les lecteurs. Il a enfin noté les limites inhérentes aux média audiovisuels : la radio se contente souvent de faire de la présentation des enjeux économiques une « objectivation des contraintes », et la télé est limitée par sa nature même, qui fait de l’information un divertissement. Il a conclut par plusieurs questions : quel rôle jour l’origine sociale des journalistes ? Que signifie être « indépendant » lorsqu’on n’est pas porteur d’un projet social alternatif ? Comment distinguer les luttes de pouvoirs des conflits « réellement » politiques ? etc.

Jean-Louis Gombeaud est revenu aux termes mêmes de la table ronde, demandant si « les traders, les investisseurs, les patrons ne sont pas des citoyens ». La question de l’information économique est pour lui une question… économique : il s’agit de la « formater » de telle façon qu’elle soit un « produit » accepté par le citoyen-consommateur. Pour lui, elle n’est donc pas un service public, mais bien un produit qui répond à des contraintes commerciales. Il reconnaît lui aussi les limites propres à son média, même si celui-ci a le mérite de continuer à traiter de l’information économique, qui a disparu de la télé. En effet, pour lui, il est « impossible » d’expliquer le déficit budgétaire et commercial américain en quelques minutes à la radio [une solution serait certes de diminuer le volume de publicité diffusé sur Europe 1, afin de disposer de plus de temps, mais cette possibilité n’a pas pu être discutée pour les raisons expliquées ci-dessous]. Enfin, il explique que le souci d’audience, de « part de marché » conduit à une certaine tentation de céder aux idées courantes, et que cela alimente donc l’influence des idées consensuelles, la demande émanant, pour beaucoup, des décideurs économiques (chefs d’entreprise, cadres sup…) d’où un type d’informations donné.

Serge Halimi a attaqué lui sur la deuxième problématique, celle des représentations économiques des journalistes. Se référant en particulier à Montaigne et à Pierre Bourdieu, il a voulu montrer que beaucoup de journalistes, ou en tout cas des journalistes influents, accréditent une vision de l’économie qui « naturalise » le fonctionnement de l’économie de marché, c’est-à-dire qui tient pour force contraignante et irréversible certaines règles de nos économies qui deviennent alors des lois (contre lesquelles on ne peut bien sûr rien). Il a appuyé sa démonstration de cette « pensée de marché » sur des citations de journalistes de divers médias, dont Jean-Louis Gombeaud, mettant en évidence que celui-ci estimait désormais que des « lois » régissait le fonctionnement de l’économie, ce qu’il ne partageait pas lorsqu’il était membre du Parti Communiste. Estimant déplacée cette référence à sa personne, M. Gombeaud a quitté la salle.
 [*]

Pour Bernard Maris, le journaliste est d’évidence « embarqué » dans la réalité qu’il interprète. En effet, il n’a pas en règle générale le temps de prendre suffisamment de recul pour interroger les grilles, les présupposés communs qui lui servent à réaliser quotidiennement son travail. Il constate l’absence de pluralisme dans le traitement de l’information économique, comme le montre à ses yeux les « débats » sur l’ « attractivité de la France », qui vont inévitablement dans le même sens. De même, note-t-il, des universitaires aux idées originales, comme Bernard Friot, ne sont jamais lus ni interrogés par les journalistes (sauf lui ?). Enfin, il a récusé la possibilité pour l’expert d’endosser les habits du journaliste. S’appuyant sur les chroniques parues dans la tribune « Économiques » de Libération, il a montré que celles-ci oscillaient entre les confessions d’ignorance d’André Orléan (disponibles sur notre site…) et les diatribes ultra-libérales de Charles Wyplosz, pourtant un économiste keynésien dans ses travaux universitaires. A quoi cela tient-il ? Au fait que, pour commencer à réfléchir, il faut, suivant Bachelard, commencer par « casser l’opinion ». Un expert peut-il le faire, lorsqu’il s’exprime dans un journal ? A l’évidence, pour Bernard Maris, non.

Martine Orange est revenue sur l’importance du lectorat visé (les journalistes écrivent pour être lus, « y compris par leur grand-mère ») mais aussi sur la relative liberté du contenu de l’information. Le langage de l’expert leur est de ce fait interdit, ainsi que le prouvent a contrario les articles économiques des années 1970, « illisibles aujourd’hui » (extraits bruts de loi de finances, etc.). Pour elle, le problème se pose plus en terme de compréhension par le journaliste lui-même des évolutions économiques. A cet égard, a été évoqué le désarroi dans lequel les recherches économiques actuelles laissent le journaliste économique par rapport à ses besoins, par exemple pour comprendre les « transformations actuelles du marché ». Ceci dit, pour « résister », une solution consiste à « rapporter les faits », notamment face au déversement d’informations fourni par la « communication » des entreprises (ex. de MetalEurop).

Enfin, Nicolas Prissette a rappelé que les journalistes sont eux aussi soumis à une forte précarité (forts taux de chômage, salaires relativement faibles), et disposent de marges de manœuvre limitées à l’égard de leur rédacteur en chef, ne pouvant s’écarter durablement de la ligne du journal sans être sanctionnés (ce qu’a confirmé Philippe Frémeaux). Il a expliqué que les choix journalistiques (thèmes traités, personnes interviewées) reflètent aussi l’état des forces existant dans la société et en guise de conclusion réhabilitant la place de la politique, il nous a invités à nous politiser, provoquant un tonnerre d’applaudissement. Il s’est ensuite renseigné sur l’orthographe exacte du nom de Bernard Friot auprès de Bernard Maris : tout le monde n’aura pas perdu sa journée !

Cette table fut très intéressante et cela s’est vu aux nombreuses questions et divers remous suscités dans le public.


Les Ateliers de l’après-midi furent également très riches.

Celui sur l’éducation populaire a mis à jour la qualité et la diversité des actions menées en direction des citoyens et des travailleurs : formation par les syndicats, travail d’associations, information sur les droits des personnes, etc. L’essentiel du temps a été consacré à la présentation du travail des uns et des autres, ce qui est bien normal pour une prise de contact.

Lors de l’atelier consacré à la pluridisciplinarité, il y a eu un certain nombre de témoignages des diverses expériences menées ainsi qu’un certain nombre de propositions. Christian Laval souhaite créer une « École de sciences sociales » qui regrouperait des chercheurs des différentes disciplines qui composent les sciences sociales. Pascal Combemale propose la création d’une « London School of Economics à la française », et pourquoi pas européenne, qui permettrait de proposer aux étudiants une formation en sciences sociales d’un niveau élevé (vous pouvez retrouver l’intégralité des interventions de ces intervenants sur le site de la FSU). La directrice de l’UFR d’AES de Paris 1, Catherine Mills a fait remarquer que sa formation est déjà pluridisciplinaire et que peu de gens en ont vraiment conscience. André Hervier, le directeur de l’UFR d’économie de Paris 1 pense que la pluridisciplinarité ne peut être que se limiter à deux disciplines, et qu’elle est nécessairement élitiste, car elle nécessite un travail personnel important et considère qu’il est nécessaire de bien maîtriser une discipline pour commencer l’étude d’une seconde. Alain Caillé, enseignant à l’Université Paris X –Nanterre, a parlé de l’expérience du cursus pluridisciplinaire et du DEA « démocratie et société » qu’il a crée. Suite à cette intervention, un étudiant de Nanterre a précisé que malgré ce cadre pluridisciplinaire, les cours d’économie n’en étaient pas moins « autistes », en particulier un cours sur la croissance qui consiste à n’étudier que des modèles microéconomiques. Enfin, un débat a eu lieu, notamment sur l’appellation à retenir (« pluri » ou « trans » disciplinarité ?) ainsi que les problèmes de débouchés en 3eme cycle et en thèse pour ceux qui entreprennent de sortir des sentiers battus.

Aucun d’entre nous n’a assisté à celui consacré au secondaire, désolés…


La séance plénière a commencé par un compte rendu des trois tables rondes dont nous avons fait un rapide résumé précédemment et qui sont disponibles sur le site de la FSU. Puis des représentants des organisations qui sont à l’initiative de ces rencontres sont intervenus.

La représentante d’Autisme-Economie, Caroline Palomba, a rappelé le mécontentement des étudiants en économie qu’ils ont manifesté en signant massivement la pétition d’Autisme ; et plus récemment lors des élections des représentants étudiants du conseil d’UFR d’économie de l’université Paris 1. En effet, la liste que le mouvement Autisme a présentée avec SUD étudiant et Oxygène à cette occasion est arrivée première en nombre de voix (vous pouvez retrouver un bilan de l’action d’Autisme Paris 1 dans notre lettre d’information de janvier 2003). Elle a ensuite souligné que l’on se trompait de cible en accusant la filière SES de ne pas préparer aux études d’économie. Enfin, elle a rappelé la nécessité de réformer la manière dont on enseigne l’économie à l’Université, car cette dernière, en enfermant les étudiants dans « des mondes imaginaires » ne permet pas de former des citoyens « éclairés » !

Dominique Plihon a remercié le mouvement des étudiants pour sa participation lors de ces rencontres. Il a en effet souligné l’importance des actions menées auprès des étudiants et au sein des instances décisionnelles tels que les conseils d’UFR, car seule une mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire, enseignants et étudiants, permettra de faire enfin bouger les choses.

Le représentant de l’APSES a mis en garde contre une certaine dérive constatée dans les programmes de SES ces dernières années, en particulier avec le nouveau programme de terminale qui doit entrer en vigueur l’année prochaine : un découpage par chapitres d’économie ou de sociologie qui entraîne un certain cloisonnement et ainsi empêche d’avoir une vision d’ensemble, ce qui est l’objectif même des SES.

Christian Laval a insisté sur la nécessaire collaboration des enseignants de SES du secondaire et des enseignants du supérieur, et pas seulement d’économie, pour élaborer une reforme de l’enseignement de l’économie à l’université.

La participation et la qualité des intervenants ont été suffisamment grandes pour pouvoir envisager la tenue d’un autre colloque du même type poursuivant et développant les réflexions engagées. La réflexion se poursuit, par exemple avec l’idée de journées thématiques, centrées sur des questions comme l’entreprise, l’Europe ou la mondialisation. Envoyez-nous vos propositions !


[*Nos avis sont partagés sur l’intervention de Serge Halimi.
Certains d’entre nous regrettent vivement que Serge Halimi n’ait pas résisté au plaisir évident de cette attaque personnelle, qui n’était pas nécessaire au développement de son très intéressant point de vue. Cela d’autant plus que Jean-Louis Gombeaud savait avoir affaire à un public plutôt hostile à son égard, ce que son manque d’assurance durant son intervention traduisait. En effet, cette attaque a conduit à empêcher la tenue d’un réel débat, pluraliste, ce qui est, pour certains d’entre nous, une conséquence grave par rapport à l’objectif de telles journées.
Pour d’autres, au contraire, l’intervention de Serge Halimi était légitime, puisque basée sur des déclarations publiques faites récemment par Jean-Louis Gombeaud, un journaliste, c’est-à-dire une personne avertie des conséquences possibles de ce type de déclarations. De plus, ces critiques portaient exclusivement sur le fond, les idées de M. Gombeaud, n’étaient donc pas « personnelles », et ne lui interdisaient donc en rien de répondre sur le fond, ce qu’il n’a pas fait.

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