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Micro, macro, mes crocs !

Numéro 1

Lettre d’information mensuelle du
Mouvement des étudiants pour la réforme de l’enseignement de l’économie

Edito

Bonjour !
Vous connaissez sans doute le mouvement " autisme-économie ", mais vous vous demandez peut-être ce qu’il devient… Cette lettre, désormais mensuelle, est là pour répondre à vos attentes : rencontres dans les facs, articles dans la presse, manifestations à l’étranger, apoplexies des universitaires, rien ne sera laissé de côté ! Car ça bouge, croyez-nous, ça bouge…

Bref historique

Parti des facs et écoles normales parisiennes en mai dernier (comme de juste), le mouvement " autisme-économie " a rapidement recueilli des centaines de signatures pour sa pétition. Celle ci critiquait les 3 points suivants :
- la construction par les économistes de " mondes imaginaires ", qui les amusent peut-être, mais pas nous
- l’usage excessif des mathématiques, devenus une fin en soi, et qui prennent la place de la discussion économique
- le manque de pluralisme à l’Université, où bien souvent la seule approche présentée est celle de la théorie " néo-classique ", magnifique aboutissement de la " science économique ", qui rendrait superflue la présentation de toute approche alternative.
L’ampleur du mouvement nous a rapidement valu un article dans Le Monde (par Laurent Mauduit, le 20 juin 2000).

A partir de là, les choses se sont emballées, dépassant (de loin, mais alors de très très loin !) nos espérances : les étudiants se sont mobilisés un peu partout, et les médias nous ont fait une place de choix dans leurs colonnes (avec des articles dans L’Humanité, Les Echos, Le Nouvel Economiste, La Tribune, etc. ; voir la revue de presse sur notre site). Déboussolés, terrifiés par la puissance de nos moyens (centaines d’étudiants en furie, médias aux ordres), nos amis les enseignants sont progressivement sortis de leur torpeur pour se rendre compte que quelque chose se passait.

Certains d’entre eux ont rédigé une pétition nous soutenant, qui a rapidement réuni plus de 200 signatures. A l’inverse, une poignée d’autres, sentant que l’ordre du monde risquait de basculer, ont rédigé un hilarant " contre-appel pour préserver la scientificité de l’économie ".
L’histoire commençait…

Et depuis ?

Un manifeste

Echo à notre première pétition, un manifeste présentant nos propositions circule actuellement dans les facs : signez-le et faites le signer !

Débats dans les facs

Après la première pétition, nous avons voulu engager un débat national, en organisant des débats dans les facs. Celui de Lille, en novembre dernier, a réuni plus de 100 étudiants. Depuis, d’autres ont eu lieu (à Bordeaux, St Etienne et Reims) et plusieurs sont en préparation (Grenoble, Dijon, Nanterre, Lyon, etc.).
Dans l’immédiat, le prochain aura lieu le 16 mars à Montpellier, en présence de 4 représentants du mouvement : venez nombreux ! Contact : philiplege@hotmail.com.
Un autre débat aura lieu le 21 mars à Saint-Quentin en Yvelines, avec là aussi des étudiants et des enseignants (O.Sudrie, F.R.Mahieu, C.Henry). Contact : damscal@libertysurf.fr

Ces débats sont cruciaux : c’est fac par fac qu’on pourra faire bouger les choses, en obligeant les enseignants à prendre en compte nos revendications !

Rapport Fitoussi

Par ailleurs, Jean-Paul Fitoussi, directeur de l’OFCE (Observatoire Français de Conjoncture Economique) a été chargé de remettre un rapport à Jack Lang en mai prochain. Ce rapport sera décisif pour le devenir de l’enseignement de l’éco à la fac : envoyez-nous vos propositions, idées, critiques, que nous nous chargerons de lui transmettre. C’est maintenant que tout se joue !

Dans la presse - Dans la presse - Dans la presse

Révélation : l’économie n’est pas une science !

C’est en effet ce qu’affirme André Orléan (directeur de recherche au CNRS) dans un article paru dans Libération du 5 février 2001, et intitulé " L’humilité en économie ". On peut notamment y lire que " l’économie n’est pas une science ", et que donc il " n’existe pas de loi en économie ". En particulier, comme l’ont montré 2 chercheurs américains, une hausse du salaire minimum ne conduit pas nécessairement à une hausse du chômage des travailleurs non qualifiés.
Conclusion : " Cela n’interdit nullement à l’économiste d’intervenir avec force dans le débat public mais il doit le faire en tant que citoyen ayant des convictions sur le bien public et la manière de l’atteindre, pas au nom d’une vérité éternelle qui serait de cette manière subtilisée à la discussion pour être imposée à tous. "

Lien : http://www.liberation.fr/quotidien/debats/fevrier01/20010205d.html

Keynes ou Friedman : comment choisir ?

Dans Le Monde, un intéressant article de Ghislain Deleplace (prof à Paris VIII), qui discute l’introduction de l’impôt négatif en France (la " prime pour l’emploi "). Il montre que celui-ci ne trouve sa place que dans une certaine construction théorique, celle de Milton Friedman, et qu’on ne peut donc pas séparer l’ " outil " des présupposés théoriques et politiques qui le fondent. Mais pour qu’on puisse comprendre quelque chose au débat, encore faudrait il que la théorie économique " ne soit pas comprise et enseignée comme une boîte hétéroclite d’outils, fussent-ils mathématiques, mais comme une représentation cohérente du monde, accessible à la critique. "
Et si on parlait de ces enjeux-là en fac d’éco, plutôt que de faire des exos débiles, hein ?

Lien : http://www.lemonde.fr/rech_art/0,5987,148296,00.html

Faites un geste : adoptez un économiste !

C’est en effet ce que vous demande de faire le dernier numéro de L’Expansion (15 fev. - 1er mars 2001), car ils ont un mal fou à se caser, les pauvres ! Pourtant, comme le signale Michèle Debonneuil, chef de service au Plan, les étudiants sortis de la fac auraient une belle carte à jouer, entre les polytechniciens " trop matheux " et les sciences-po " trop verbeux "…
Deux représentants du mouvement (Olivier Vaury et Gilles Raveaud) sont également interrogés dans ce numéro : vous pouvez même voir leurs tronches (enfin, pas sur le site : pour ça, faut l’acheter…) !

Lien : http://www.lexpansion.com/article_milieu.asp?id=756&rub=1

A l’étranger

Royaume-Uni

C’est là que se trouve un type extraordinaire : Edward Fullbrook, économiste hétérodoxe, qui nous soutient très activement depuis le début. Il réalise une lettre d’information électronique sur les (nombreux) développements du mouvement à l’étranger. Pour la recevoir, lui écrire : pae_news@btinternet.com ou visiter son site :
www.paecon.net.

Espagne

Le mouvement est super actif là bas aussi : 2 longs articles ont déjà été consacrés au mouvement dans le grand quotidien El Pais, et le mouvement ne fait que s’amplifier. Preuve de la mobilisation sur place : Fitoussi s’est rendu à Madrid pour se rendre compte de la situation sur place. Nous sommes en contact avec des étudiants madrilènes motivés, qui organisent débats et pétitions.

On recrute : devenez correspondant local

Association d’étudiants gavés par l’enseignement actuel de l’économie recherche pour action durable et prolongée autres étudiants, susceptibles de secouer le cocotier avec eux.
Le débat est lancé, il faut maintenant qu’il continue : il nous faut donc des informations sur ce qui se passe dans les différentes facs, les pires cours, les exos les plus débiles… et les profs qui veulent faire changer les choses avec nous.

Devenez " correspondant local " de Micro, Macro, Mes crocs et informez tout le monde des problèmes et débats de votre fac : c’est le moment ou jamais !

Contact :
gillesraveaud@hotmail.com

Au sommaire du prochain numéro :

compte-rendu des débats de Montpellier et Saint-Quentin
les meilleures pages du " rapport Vernières "
les textes fondateurs du mouvement parus dans la presse
etc.

Manifeste pour une réforme de l’enseignement de l’économie

A l’attention de Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et des responsables des UFR d’économie

" Si elle [la théorie micro-économique standard] est fausse, pourquoi ne pas s’en débarrasser ? Je pense que les manuels sont scandaleux. Je pense qu’exposer de jeunes esprits impressionnables à cet exercice scolastique, comme s’il disait quelque chose sur le monde réel, est scandaleux. "

(Herbert Simon, prix Nobel d’économie, in Models of bounded rationality, vol. 3, 1997, p. 397)

MOUVEMENT DES ETUDIANTS POUR LA REFORME DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ECONOMIE
45, rue d’Ulm 75005 Paris
autisme-economie@ifrance.com

Alors les économistes, on s’ennuie ?

Eh bien il est temps de réagir ! Car depuis l’initiative prise par notre mouvement de faire circuler une lettre-pétition pour une réforme de l’enseignement de l’économie (cf. www.respublica.fr/autisme-economie/), le débat a été lancé un peu partout en France et à l’étranger. Les enseignants et les responsables nous prennent au sérieux. C’est donc le moment de traduire nos critiques en propositions :

La lettre appelait à sortir des " mondes imaginaires ". Pour atteindre cet objectif, il convient d’avoir une connaissance fine de l’économie concrète, de ses acteurs et de son environnement. Les cursus devraient comporter une part beaucoup plus grande d’économie descriptive qui comprendrait l’histoire des faits économiques, l’étude des principales institutions économiques (Etats, institutions internationales, entreprises, syndicats, ménages, etc.), ainsi que la géographie économique.
Elle déplorait " l’usage abusif de la formalisation ". La question n’est pas " pour ou contre les maths " : les techniques quantitatives et formelles sont justifiées, mais dans la mesure où elles répondent à des problèmes économiques précis (ex. : décisions d’investissement des firmes, effet des minima sociaux, etc.). Les maths ne sont pas une garantie de scientificité.
Elle s’inquiétait de l’absence de contextualisation des théories présentées. C’est pourquoi les cours devraient fournir les éléments nécessaires à une véritable réflexion sur les enjeux politiques et éthiques de l’économie, en partant de questions fondamentales (" à quoi sert l’Etat ? ", " qu’est-ce qu’une société juste ? ", etc.).

Ces propositions ont pour conséquence la disparition des fameux blocs " micro 1, 2,… ", " macro 1, 2,… ", dont les contenus ne seront repris que s’ils sont vraiment nécessaires à la résolution de problèmes économiques (et dans le cours d’histoire des théories) : exit les calculs de TMS à longueur de semestres !

Tous les étudiants, enseignants et leurs représentants, sont appelés à apporter un soutien actif à ces propositions. C’est le seul moyen d’être enfin écoutés par une institution qui trop souvent résiste à toute volonté de changement.

Nom, prénom Etablissement Tél. ou email Signature

Merci de nous envoyer vos signatures (et vos propositions de réforme !) à l’adresse suivante : vaury@clipper.ens.fr

MOUVEMENT DES ETUDIANTS POUR LA REFORME DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ECONOMIE
45, rue d’Ulm 75005 Paris

 
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